spacer spacer
Japan Digest
France Germany
UK
search
lundi, 06/02/2012 12:04CET
Accueil
le séisme au Japon
Liens
Événements en France
Évènements passés
Annonce
Insérer annonce
Société
Les habitants après le grand tremblement de terre
L'immobilier au Japon
Le miracle du 1/4 - Notre véritable histoire
La courte vie des gouvernements japonais
Le système éducatif japonais et les activités parascolaires
Lire les anciens articles
Culture
Écrire une lettre en japonais
Onsen ou les sources thermales japonaises
Mets du Nouvel An
Sélection de marques japonaises: idées de cadeaux pour Noël
Histoire de la restauration extérieure au Japon
Les courses hippiques au Japon
L'été, la saison des yôkais
Japon par-ci par-là
Lire les anciens articles
Gastronomie
La recette japonaise
Info Pratique
Sortir
Shopping en ligne
Quartier Opéra
Les liens utiles
Infos sur le Japon
Information générale
Obtenir le visa
Traitement médical
Moyen de transport
Moyen de communication
Actualités
Photo Japan Expo 09
Photo Japan Expo 08
 
Accueil arrow Lire les anciens articles arrow Les Maid Cafés : ambiance sucrée et note salée


mardi, 04/08/2009 16:23CET

Les Maid Cafés : ambiance sucrée et note salée

MaidAu Japon, la tenue de soubrette fait recette. Considéré par certains comme un objet de fascination ou de fantasmes inavouables et souvent mis en avant dans le monde de l'animation et du manga, l'ensemble tablier-socquettes est surtout devenu l'uniforme de travail des serveuses de Maid Cafés ou Maid Kissa, de drôles d'échoppes où restauration et cosplay (1) font bon ménage depuis maintenant plus de dix ans dans les métropoles de l'archipel. Petit tour du propriétaire...

Comme l'indique leur nom, les Maid Cafés sont de petits bar-restaurants proches des izakayas (brasseries japonaises), souvent réduits à d’agréables salons de café ou de thé, ayant la particularité d’être tenus par de jeunes filles triées sur le volet, âgées d'une vingtaine d’années en moyenne et vêtues d’uniformes de servantes - la fameuse tenue de maid - capables d'attirer le regard des chalands. C'est fort naturellement à Akihabara, quartier de Tokyo connu pour être l’antre de l'électronique et des produits dérivés qui font le bonheur des fanatiques de sous-culture japonaise, qu'apparaissent les prémisses du concept. D'abord lancés en 1998 dans le cadre d’opérations publicitaires à durée limitée, les Maid Cafés se sont surtout développés avec l’ouverture, en mars 2001, de l’un des plus célèbres établissements du genre, le Cure Maid Café, dirigé par Masato Matsuzaki. Depuis, les enseignes se sont multipliées un peu partout dans les grandes villes, surfant sur la mode des maids pour devenir au final un phénomène de société on ne peut plus original. De nombreux ouvrages se sont d'ailleurs penchés sur le sujet, tel le livre Maid Kissa de AimashouVoyons-nous au Maid Café ») paru l'an dernier aux éditions R's publishing, dans lequel plusieurs auteurs reviennent sur l'histoire et le succès de ces boutiques.


maik

A votre service !

L'extérieur des salons, généralement anodin, ne fait pas la rue au sens propre comme au figuré. Curieusement, une proportion non négligeable de Maid Cafés n’est pas située en rez-de-chaussée comme les bars que nous connaissons, mais en étage, dans une partie d’immeuble souvent mitoyenne d’un magasin destiné au public adepte de japanimation. Cependant, lorsque l'on rentre dans un Maid Café, c'est le choc : l'intérieur de la plupart des salons, dépaysant au possible, s’efforce de rappeler l'univers et l’ambiance des séries et des bandes dessinées japonaises. Comptoir animé, tables colorées, décorations toutes aussi kawaii (mignonnes) les unes que les autres, fond musical guilleret : les gérants des lieux ont tout fait au départ pour séduire leur coeur de cible, à savoir les otaku (2) purs et durs. Nul doute que ces passionnés trouvent dans ces bistros répondant aux doux noms de « Royal Milk Café », « Cos-Cha », « Pinafore » ou « @Home Café » une sorte de seconde Maid Cafemaison. La clientèle y est essentiellement masculine et jeune, mais depuis quelques années, les Maid Cafés sont également fréquentés par les étudiantes et les Office Ladies, ainsi que par les couples, les touristes et plus simplement les personnes curieuses de savoir à quoi ressemblent ces espaces farfelus. Passée la surprise liée à la découverte des serveuses costumées et de l’allure volontairement kitch de certaines salles, force est de constater que l’on a affaire, dans le fond, à un snack / restaurant comme un autre. Quelques tables équipées d’un ordinateur peuvent évoquer un classique cybercafé, mais la copieuse carte mise à disposition rassure presque instantanément le badaud. Cette dernière propose quantité de collations, de gâteaux et de boissons à commander, à des tarifs plus chers qu’ailleurs. Peu importe qu'il faille mettre davantage la main à la poche pour avoir droit à un petit plat d'omuraisu (omelette et riz) décoré de quelques mots doux - voire de son propre prénom - écrits au ketchup, ou bien encore à un verre de cocktail banal mais accompagné d'une carte de collection à l'effigie d'une des hôtesses du restaurant : on paie avant tout pour le cadre et l’ ambiance. Le service, de son côté, semble donner tout son sens à la fameuse expression suggérant que « le client est roi ». Abandonnant leur personnalité pour adopter un rôle de composition, les soubrettes accueillent les clients avec de chaleureux « Okaerinasaimase » (« Bienvenue »), s'inclinent poliment à chaque commande passée et restent attentionnées à tout moment, allant parfois jusqu'à s’agenouiller pour verser le sucre et le lait dans votre café ! Chaque salon propose aussi ses propres prestations : on pourra, au gré des enseignes et moyennant finances, se faire curer les oreilles par une servante déguisée, assister à de petits spectacles musicaux, profiter d’une séance de massage ou carrément passer un petit moment en compagnie d’ une des serveuses dans une pièce spécialement aménagée, remplie de mangas ou de DVD d’ animation, pour discuter ou faire autre chose, en tout bien tout honneur. Pour quelques yens de plus, le client pourra jouer en compagnie d'une de ces demoiselles à un jeu de hasard ridicule avec un gage à la clé, comme par exemple boire une étrange boisson à base de lait, d'oeufs, de nattô (haricots de soja fermentés) et d'algues. En concédant encore quelques économies, on peut aussi se faire prendre en photo joyeusement entouré par le charmant personnel et repartir avec le cliché - il est normalement interdit de prendre soi-même des photos dans les Maid Cafés - ou acheter à la caisse les éventuels DVD dédiés aux jeunes filles du café, lesquelles peuvent avoir, telles de idoles, de nombreux fans. On ressort de l'expérience abasourdi, les yeux ravis et le porte-monnaie plus léger.

Un moyen de s'évader

Interrogée par l’agence Reuters, la sociologue Tomoko Inukai affirme que « ces cafés permettent à tout un chacun de s’échapper dans un monde fantastique ». Pour elle, « c’est une véritable bouffée d’oxygène dans un quotidien devenu stressant ». Cité par la journaliste Agnès Giard dans son livre L'imaginaire érotique au Japon (Editions Albin Michel), le patron du Cure Maid Café explique que « les maids ont un effet thérapeutique sur les clients, car elles donnent l'impression d'être strictement à leur ordre ». Chez lui, elles ont des noms doux et sucrés comme Chocolat ou Pudding, et portent des robes longues, inspirées de l'ère victorienne, qui attirent autant de clientes femmes que d'hommes venus admirer les costumes et se reposer loin du monde réel. Le boom des Maid Cafés n'a donc rien d'étonnant au Japon. Certains cafés, éphémères ou non, cherchent toutefois à se démarquer, et on pourra au hasard des pérégrinations tomber sur un Imouto Café, dans lequel des serveuses encore plus jeunes que d'habitude vous appellent « grand frère » ou « grande soeur », ou sur un Tsundere Café. Là, comme le suggère le terme Tsundere employé pour décrire chez une personne le passage d'une attitude froide à un comportement plus sage, à l'accueil glacial, antipathique et violent des réceptionnistes succèdent des excuses et une timide invitation à revenir. Il y a des salarymen qui aiment ça. Et tandis que l'on voit désormais se multiplier à destination du public féminin des Butler Cafés (Shitsuji Kissa) où ce sont des majordomes qui prennent les commandes, un dernier établissement, ouvert pendant les vacances, pousse le concept du Maid Café à l'extrême en y faisant travailler des soubrettes... travesties ! Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec cette tendance « Maid in Japan »...

Yvan Romanoff


(1) Ce mot-valise formé des termes anglais « costume » et « playing » désigne la pratique consistant à se déguiser, souvent en personnages connus.
(2) Terme utilisé pour les personnes consacrant la quasi-totalité de leur temps à une activité d'intérieur obsessionnelle (mangas, dessins animés, maquettes, jeux vidéo...).


  spacer  
RSS
eBook
Promotion
Voyages à la Carte
Météo
TOKYO
4°C
spacer spacer