spacer spacer
Advertisement
Japan Digest
France Germany
UK
search
lundi, 06/02/2012 12:03CET
Accueil
le séisme au Japon
Liens
Événements en France
Évènements passés
Annonce
Insérer annonce
Société
Les habitants après le grand tremblement de terre
L'immobilier au Japon
Le miracle du 1/4 - Notre véritable histoire
La courte vie des gouvernements japonais
Le système éducatif japonais et les activités parascolaires
Lire les anciens articles
Culture
Écrire une lettre en japonais
Onsen ou les sources thermales japonaises
Mets du Nouvel An
Sélection de marques japonaises: idées de cadeaux pour Noël
Histoire de la restauration extérieure au Japon
Les courses hippiques au Japon
L'été, la saison des yôkais
Japon par-ci par-là
Lire les anciens articles
Gastronomie
La recette japonaise
Info Pratique
Sortir
Shopping en ligne
Quartier Opéra
Les liens utiles
Infos sur le Japon
Information générale
Obtenir le visa
Traitement médical
Moyen de transport
Moyen de communication
Actualités
Photo Japan Expo 09
Photo Japan Expo 08
 
Accueil arrow Lire les anciens articles arrow Ces jeunes qui transmettent le Nô


mardi, 02/03/2010 12:00CET

Ces jeunes qui transmettent le Nô

En 2001, le Nô, art traditionnel japonais réputé en France et dans le reste du monde, est inscrit au patrimoine intangible de l'UNESCO. Un vocabulaire quasi inchangé depuis environ 650 ans, des mouvements limités à l'extrême pour supprimer tout gaspillage, des masques représentants admirablement les expressions du coeur, et un sentiment de « ichigoichié * », constituent à la fois le charme du Nô et son insaisissabilité.

Au Japon, ceux qui apprécient le Nô sont plutôt généralement des personnes d’un certain âge, et cette désaffection des jeunes pour ce théâtre ne fait qu'ajouter à la diminution des spectateurs. Pourtant, des acteurs et équipes ayant une vingtaine ou trentaine d’années, ont décidé de donner une nouvelle forme à la tradition afin de diffuser cet art auprès des jeunes.

(Texte: Ryoko Umemuro, Traduit en français : Thibault. C)

* Ce terme signifie que, même si les mêmes acteurs et le même public sont face à face, « toutes les rencontres entre les personnes sont uniques ». Pour chaque personne, spectateurs compris, chaque rencontre est une « session unique ». C'est pour cela qu'il n'y a pas de répétition dans le théâtre Nô.


© Carlos Jurado

Kazufusa Hôshô (Photo 1), acteur de Nô né en 1985, est devenu en 2008 à l'âge de 22 ans, l'héritier du maître du style Hôshô, perpétuant ainsi 600 ans d'histoire, et aujourd’hui second style majeur après Kanze. Il nous dit que « c'est justement parce que je suis un de ces jeunes qui vit et sent l'époque actuelle que mon jeu est sûr ».


« Le moindre geste est rempli de tension, tout cela dans un aspect de tranquillité.

En une respiration, en un instant, l'atmosphère se met en mouvement.

Je ne souhaite pas que l'on saisisse cette ambiance avec sa tête, mais « physiquement » de tout son corps ».

Fort de ces idées, il crée « Wa no Kai » en 2009.

Cette troupe est dirigée par des volontaires de sa génération et, avec lui en tête, propose des ateliers destinés à faire ressentir intimement le Nô à travers les pièces de ces jeunes acteurs.


Hajime Kawaguchi, 30 ans, est celui qui a donné l'impulsion à Wa no Kai, et il nous raconte : « Par exemple, lorsque la flûte joue un air morcelé, l'atmosphère de la scène est comme tailladée. La vue, l'ouïe, l'ambiance, le Nô fait appel à divers éléments que l’on peut ressentir lorsqu'on est présent. Mais les jeunes ne savent pas qu'il y a des acteurs Nô de leur âge, tout comme beaucoup de personnes ne savent pas où il y a des représentations. Nous avons voulu faire connaître le Nô à notre génération, les emmener dans un théâtre, et nous avons voulu le faire à notre façon, car les sensations diffèrent quelque peu entre les acteurs et les gens ordinaires comme nous. En effet, tout semble ordinaires pour les acteurs, alors que pour nous cela représente une grande source d'intérêt ».


Kawaguchi, qui se considère lui-même comme une personne « ordinaire », n’avait à l'origine aucun intérêt particulier pour le Nô, à l'instar d’autres membres de l'équipe ou de la plupart des jeunes. Il découvrit le charme du Nô après son entrée dans la vie active au sein du Comité de promotion des Beaux-arts et de la Culture du Japon.

« Avant d'apprécier l'essence du Nô, j'ai d'abord été attiré par les acteurs. En les côtoyant, l'image que j'avais d'eux s'est brisée, dans le bon sens du terme. J'ai senti une proximité, qu'au final ils étaient comme moi, et j'ai alors choisi leur voie, en étant conscient de la difficulté du choix qu'ils avaient fait d'en vivre, car je voulais absolument les soutenir ».


Zeami, grand maître du Nô, rédige vers 1400 à propos des acteurs, dans son traité «De la Transmission de la fleur et de l'interprétation », qu'ils possèdent « la fleur », autrement dit le pouvoir de transmettre une émotion aux autres. Une fleur qui attire les gens juste par sa jeunesse ou sa fougue n'est pas une véritable fleur, car s'il est vrai que parfois elle fleurit, certaines fois elle fane. Seuls ceux qui, sans arrogance, s'observent et pratiquent, pourront prétendre à éventuellement obtenir la véritable fleur. La voie du Nô est une éternelle pente, et du premier moment où il foule la scène jusqu'à sa dernière représentation, l'acteur est en perpétuel entraînement.


De plus, il existe seulement très peu d'acteurs capables d'en vivre, en sachant jouer sur une vaste scène sans micro, et parfois pour une seule performance en public. Ainsi de nombreux acteurs ont comme autre activité l'enseignement du Nô.


Hiroshi Sawada (Photo 2), un de ces autres acteurs de Nô ayant choisi cette voie, nous raconte que le Nô est « un monde sans fin ». Généralement au Japon, on pense que les personnes évoluant dans les arts classiques sont les dignes héritiers d'une quelconque lignée. Or, parmi les personnes frappant à la porte de ces univers, de nombreuses sont issues de foyers ordinaires et font ce choix volontairement. D'ailleurs, le pays participe en soutenant les écoles qui forment ces successeurs du Nô. Sawada est l'un d'entre eux. Dès son enfance, il fût attiré par le charme du Nô en allant voir des pièces avec ses parents, et il choisit lui-même cette voie. Après avoir terminé ses études dans une université qui forme au métier d'acteur de Nô, il mit du temps avant d'atteindre la fin de son apprentissage en tant que disciple du style Hôshô, pour enfin obtenir son indépendance en 2008, et fouler les planches pour sa première représentation en 2009 dans le cadre de Wa no Kai.


2. Hiroshi Sawada ©Shinichi Nakamura


Donnant désormais de nombreuses représentations, il nous raconte en tant que jeune acteur de Wa no Kai : « D'habitude lorsque je suis sur scène, je côtoie parfois des acteurs considérés comme des Trésors Vivants, ce qui accroit mon stress et perturbe mon esprit à l'entrainement. Mais je peux ainsi profiter de l'enseignement de différents professeurs. A l'inverse, Wa no Kai est constitué de membres proches, ce qui atténue le stress. Par contre, présenter notre oeuvre provoque plus d'appréhension que d'habitude, mais nous avons beaucoup appris lors de notre première représentation. En ce sens, on peut se dire que l'on est heureux, et remercier le maître de Hôshô qui nous donne énormément ».


A travers sa longue histoire, le Nô a été maintes fois menacé. Protégé depuis des siècles, il perd cette protection lors de la Restauration de Meiji dans la seconde moitié du XIXème siècle, et de nombreux acteurs perdirent la vie durant la Seconde Guerre Mondiale.

Actuellement, malgré le soutien du pays aux écoles d'acteurs, la tendance des demandes d’inscription est à la baisse. Sawada nous dit: « Le Nô n'est pas au bord de l'extinction, mais il décline petit à petit, et nous sentons bien évidemment ce danger. Nous ne pouvons pas uniquement nous en remettre à l'État, nous devons agir par nous-mêmes, en menant des actions de diffusion afin de faire connaître l'intérêt du Nô ».


Outre l'explication des pièces, Wa no Kai propose différents ateliers où il est possible de toucher aux instruments de musique, d'essayer les habits, ou bien encore d'observer discrètement les coulisses avant la levée de rideau, afin de montrer l'intérêt du Nô. Kawaguchi nous explique qu’actuellement, « les arts classiques menant ce type de campagne sont en augmentation. Une étude montre que 5% de la population assisterait à des représentations de Kabuki. Pour ainsi dire, la part consacrée au Nô ne doit pas excéder les 1%, ce qui est dommage. On ne peut pas influer sur les goûts des gens, mais on peut leur en offrir l'occasion. Nous pourrons peut-être alors partager ensemble l'intérêt du Nô, car il n'y a aucun intérêt à en profiter seul ».


Grâce à ses ateliers, certains ont pu fouler les planches d’une scène de Nô, et les réguliers seraient en augmentation. Hôshô et Sawada font donc partie de ces jeunes emprunts du charme du Nô et qui tentent de survivre, tout comme Kawaguchi et sont équipe de volontaires. C'est à travers eux que se dessine le futur du Nô et des arts traditionnels japonais.


Equipe de Wa no kai ©Megumi Kurosawa



3ème Représentation de Nô style Hôshô, organisée par Wa no Kai,
« Ressentir le Nô physiquement »

Vendredi 23/04/2010 à 19:00

Hôshô Nôhgakudô 1-5-9 Hongô,
Bunkyô-ku, Tokyo 113-0033
De 4500 à 6000yen,
etudiant 4000yen

www.hosho-wanokai.com


  spacer  
RSS
eBook
Promotion
Voyages à la Carte
Météo
TOKYO
4°C
spacer spacer