Suite à la crise, le nombre de Français désirant entreprendre à l'étranger est
en constante augmentation, notamment en Asie qui connaît une croissance
remarquable. Dans cette zone géographique, le Japon, 2ème puissance
économique mondiale qui entretient des relations culturelles prospères avec la
France, est un de ces pays qui se prête bien à une telle ambition.
Texte: PRESS PARIS, Collaboration : ubifrance, Yoko Majima, Interprète : Sayaka Oi, Traduit en français : Thibault. C
Les clefs du succès pour créer son entreprise
au Japon lorsqu'on est étranger
Ubifrance, organisme de soutien au
développement international des entreprises
françaises, estime qu'actuellement il y en aurait
environ 470 d'implantées au Japon. Pour les
entrepreneurs individuels, ils seraient à peu près
une dizaine par an. On retrouve particulièrement
ces entreprises dans les secteurs des cosmétiques,
de la finance, de l'alimentation, des nouvelles
technologies, de la mode. Les entreprises
individuelles, hormis l'import-export (jeux
vidéo, matériel hi-fi vidéo, mangas, produits
alimentaires, objets d'art, produits de la mode),
prospèrent également dans la restauration,
l'enseignement des langues, le consulting
et d'autres secteurs. En fait, pour créer une
entreprise au Japon, il faut choisir entre 2
formes juridiques : Société par actions (Kabushiki
Kaisha) ou Société d'apports (Gôdô Kaisha).
Dans le cadre de relations avec des entreprises
japonaises, de nombreuses personnes font le
choix de la société par actions qui bénéficie
d'une plus grande confiance de la part des
clients japonais. Depuis l'entrée en vigueur de
la nouvelle Loi sur les sociétés, les entrepreneurs
peuvent opter, si la nature de leurs activités et
la relation avec les clients le permettent, pour
la nouvelle forme Gôdô Kaisha, dont les frais de
création sont plus faibles et les formalités plus
simples que la Kabushiki Kaisha.
Cependant, créer son entreprise n'est pas
chose simple, et il faudra surmonter de nombreux
obstacles. Tout d'abord, il conviendra de bien
élaborer le projet d'activités et la structure de
la société en tenant compte des conditions
(notamment fonds et effectif minimum) requises
pour l'obtention d'un certificat d'éligibilité
(pour le statut de résidence « investor/business
manager) afin d'éviter tout problème au cas
où la société est créée, mais que le certificat
d'éligibilité n'est finalement pas délivré….
Ensuite, la création d'une ent reprise
nécessite un investissement important de
temps et d'argent. Au minimum, il faudra
un capital de 5 millions de yen (ou 2 salariés
réguliers), s'ajoutant à cela 300 000 yen de frais
d'enregistrement. Le temps nécessaire varie de 1
à 3 mois. De plus, certaines activités requièrent
une licence ou autorisation (par exemple, la
restauration, l'importation ou vente de boissons
alcoolisées, etc).
Mlle. Yoko Majima, conseil juridique
spécialisé ayant à de nombreuses reprises assisté
des groupes et des particuliers à la création
de leur entreprise, insiste sur la difficulté de
la tâche. Elle nous précise d'ailleurs le point
suivant : « La majorité des Français réussissant
dans la gestion de leur entreprise possèdent à
la fois des connaissances dans la langue et la
culture japonaise. De plus, beaucoup de ceux
qui réussissent ont déjà une expérience passée
de création et de gestion d'entreprise en France.
Alors avant de penser à créer son entreprise,
je pense qu'il faut à la fois comprendre la
culture japonaise et posséder la capacité et la
connaissance pour se distinguer des autres en
étant préparé à l'avance ».
Et même si vous réussissez tout cela, le plus
important reste à venir, et il faut bien se mettre
en tête qu'on ne peut réussir au Japon en
arrivant les mains vides.
Procédure type de la création
d'entreprise au Japon
Décision sur la forme de la société (Kabushiki Kaisha,
Gôdô Kaisha, etc.)
Décision sur les éléments nécessaires de la société
(raison sociale, objets, capital, période d'exercice
comptable, méthode de noti f ication publ ique,
administrateurs, etc.)
Décision de l'adresse des locaux de la société
* Parallèlement aux préparations susmentionnées, il
faudra également procéder aux formalités telles que
la décision de l'adresse du domicile, l'enregistrement
comme résidant étranger auprès de la mairie,
l'enregistrement d'un sceau personnel ou une
certification de signature délivrée par le Consulat.
Formalités de création d'une société (élaboration
des statuts, fabrication d’un sceau de la société,
versement du capital à la banque, etc.)
Enregistrement de la société auprès du Bureau des
affaires légales
Demande d'un certificat d'éligibilité (auprès du
Bureau de l'immigration au Japon) et d'un visa
(auprès de l'Ambassade du Japon en France)
Déclaration auprès du centre des impôts nationaux
Déclarations relatives à la sécurité sociale et les
assurances du travail
Intermédiaire ou organisme proposant
des consultations en anglais et en français
MIPRO (Manufactured Imports and Investment
Promotion Organization)
TEL: +81 (0)3 3988 2791(Standard)
Site Internet: www.mipro.or.jp
Courriel:
Tokyo Business Entry Point
TEL: +81 (0)3 5320 4889 Fax: +81 (0)3 5388 1465
Site Internet : www.tokyo-business.jp
Courriel:
Ouvrage comportant toutes les informations
utiles pour s'implanter au Japon
Guide « S'implanter au Japon »
édition 2009-2010 (Ubifrance) 69€ www.ubifrance.fr
6 questions à des entrepreneurs ayant leur activité au Japon
Questions!
Quelle est l'activité de votre entreprise ?
A quelle occasion vous êtes-vous implanté au Japon ?
Quelles ont été les difficultés rencontrées avant et après la création
de l'entreprise ?
Qu'avez-vous trouvé d'intéressant après la création de l'entreprise ?
En tant que chef d'entreprise, sur quels points êtes-vous
particulièrement exigeant ?
Avez-vous des conseils pour les Français désirant s'implanter au
Japon?
Christian Polak Représentant de l'entreprise de consulting K.K.SERIC Parcours
Il se rend au Japon en 1971 et étudie l'histoire des
relations franco-japonaise à l'université de Hitsotsubashi.
A partir de 1976, et ce pendant 2 ans, il travaille à
l'ambassade de France au Japon. En1981, il fonde la
société de consulting K.K.SERIC. Depuis, il se focalise
sur le développement des relations entre les entreprises
françaises et japonaises, européennes et asiatiques.
L'enterprise
K.K. SERIC
KS Bldg. 8 Fl. 4-5,
Kojimachi Chiyoda-ku, Tokyo 102-0083
TEL : +81 (0)3 3261 1866 www.seric-japon.com
Nous conseillons et soutenons, en tant que représentant local,
des entreprises qui projettent de pénétrer le marché japonais.
A l'origine, je souhaitais devenir professeur d'histoire des
relations franco-japonaises à l'université. Mais à l'époque où
j'étudiais, il était interdit à un étranger d'enseigner dans une
université publique. Donc finalement, je ne pus réaliser mon
rêve. A ce moment, un camarade me conseilla « et pourquoi
ne pas monter ta propre entreprise ? », ce que je fis.
Lors de la création, je n'y connaissais absolument rien
en gestion d'entreprise. J'ai donc dû apprendre le droit
commercial, solliciter des amis, et étudier tous les jours. De
plus, je n'avais aucune spécialisation particulière. J'écrivais
constamment des termes du monde des affaires que
j'apprenais par coeur.
Rencontrer des entrepreneurs d'une grande qualité et
d'excellence. J'étais notamment ravi d'avoir pu faire la
connaissance du fondateur de Honda, Sôichirô Honda.
La politique de mon entreprise repose sur 6 principes
: modestie, passion, effort, persévérance, sincérité,
imagination. Et je pense que c'est justement parce que je
m'applique à mettre en oeuvre ces principes que 30 après
sa création, mon entreprise est désormais reconnue par des
grands groupes français et japonais.
Maîtriser le japonais. Tous mes employés parlent la langue,
et nous nous inspirons fortement des principes importants de
gestion à la japonaise.
Guillaume Davin Représentant de l'entreprise de vente sur internet GLS JAPAN K.K.
Il travaille pendant
20 ans au service
marketing et
stratégie du
groupe LVMH.
En 2001, il est
nommé directeur
général de Parfums
Christian Dior
Japon à Tokyo.
De 2006 à 2009, il
est vice-président
de Louis Vuitton
Japan. En août
2009, il se met
à son compte et
fonde la succursale
japonaise de GLS
Holdings (siège à
Singapour), GLS
JAPAN K.K
L'enterprise
GLS JAPAN K.K
Aoyama-Kumano Shrine Bldg.3F, 2-2-22,
Jingumae, Shibuya-ku, Tokyo 150-0001
TEL: +81 (0)3 5763 9156 www.glamour-sales.com
Glamour-sales.com organise des ventes évènementielles de
produits de grandes marques pour ses membres. Une relation
directe avec plus de 150 marques nous permet d'offrir des
prix de -40 a -70% par rapport aux boutiques.
En travaillant 8 années au Japon pour LVMH, j'ai pu acquérir une
connaissance du marché du luxe et des consommateurs japonais.
J'ai aussi compris qu'internet et l e-commerce offraient une
importante opportunité de croissance aux grandes marques.
Rien ne se passe jamais comme prévu. Comme je n'avais
aucune connaissance d'internet, j'ai dû étudier à partir de
zéro. De plus, lorsque j'étais salarié, je bénéficiais du soutien
du groupe, alors que désormais je devais me débrouiller seul.
La croissance des membres de glamour-sales. Via le bouche à
oreille, nous avions plus de 125,000 membres le 15 mars 2010.
De plus, internet étant un nouveau secteur, j'ai la chance de
travailler dans une ambiance dynamique avec une équipe jeune.
Pour augmenter la motivation des employés, je leur
laisse beaucoup de marge de manoeuvre. J'aspire à un
environnement qui me permette d'être attentif à chaque
salarié tout en leur laissant de la liberté dans leur travail.
Il faut avoir l'esprit de challenge et un moral d'acier ! Il faut
aussi s'adapter à la facon de travailler des japonais. Il faut
beaucoup expliquer la direction et les priorités de l'enterprise
puis détailler les actions a prendre. Nous francais sommes
très intuitifs tandis que les Japonais sont très organisés et très
méthodiques. Nous sommes très complémentaires !
Olivier PAOLI Directeur de l'atelier de lutherie Aux Petits Chevalets
De 1991 à
1994, il fait son
apprentissage à
l'école de lutherie
Mirecourt. Ensuite,
il part travailler
à Caen pour la
maison LE CANUMILLANT.
En 1996, après avoir
effectué son
service militaire,
il est employé par
l'atelier Storioni à
Paris, qu'il reprend
à son compte en
1998. Il vend son
enseigne puis, en
2009, ouvre son
atelier dans le
quartier Shibuya à
Tokyo.
Ma principale activité est la vente et la réparation des
instruments à cordes frottées, violons, altos, violoncelles et
archets.
A l'âge de 23 ans, je dirigeais un atelier à Paris. Je pense
qu’à l'époque j'étais le plus jeune artisan à son compte de
tout Paris. Pourtant, je n'étais pas complètement satisfait.
C'est lors d'un séjour au Japon pour un stage de lutherie,
que j'ai décidé d'y ouvrir mon propre magasin.
J'ai eu beaucoup de mal pour les démarches
administratives. En fait, je n'ai pas réussi les deux
premières fois. A la troisième, tout s'est finalement bien
passé, et cela fait maintenant 6 ans que je me suis lancé
dans cette aventure. Mon capital a été d'environ 14 000 000
de yen.
J'ai pris un risque car j'ai utilisé toutes mes économies de
l'époque. Au début je voulais juste me lancer pour voir, et
dans un certain sens, on peut dire que j'étais un peu
« fou ».
Proposer une bon rapport qualité / prix, entretenant ainsi
une relation de confiance en satisfaisant le client, ce qui
aboutira éventuellement à l'achat d'un instrument.
Pour la création, faire appel à un intermédiaire. Au cas où,
disposer de suffisamment de fonds. Ensuite, adapter sa
méthode de communication à la façon japonaise. Si vous
insistez en disant « que vous voulez faire comme ça », peutêtre
que vous ne pourrez pas arriver au resultat souhaité.