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mardi, 30/03/2010 13:00CET

Tout pour monter son entreprise au Japon

Suite à la crise, le nombre de Français désirant entreprendre à l'étranger est en constante augmentation, notamment en Asie qui connaît une croissance remarquable. Dans cette zone géographique, le Japon, 2ème puissance économique mondiale qui entretient des relations culturelles prospères avec la France, est un de ces pays qui se prête bien à une telle ambition.

Texte: PRESS PARIS, Collaboration : ubifrance, Yoko Majima, Interprète : Sayaka Oi, Traduit en français : Thibault. C

Les clefs du succès pour créer son entreprise au Japon lorsqu'on est étranger

Ubifrance, organisme de soutien au développement international des entreprises françaises, estime qu'actuellement il y en aurait environ 470 d'implantées au Japon. Pour les entrepreneurs individuels, ils seraient à peu près une dizaine par an. On retrouve particulièrement ces entreprises dans les secteurs des cosmétiques, de la finance, de l'alimentation, des nouvelles technologies, de la mode. Les entreprises individuelles, hormis l'import-export (jeux vidéo, matériel hi-fi vidéo, mangas, produits alimentaires, objets d'art, produits de la mode), prospèrent également dans la restauration, l'enseignement des langues, le consulting et d'autres secteurs. En fait, pour créer une entreprise au Japon, il faut choisir entre 2 formes juridiques : Société par actions (Kabushiki Kaisha) ou Société d'apports (Gôdô Kaisha). Dans le cadre de relations avec des entreprises japonaises, de nombreuses personnes font le choix de la société par actions qui bénéficie d'une plus grande confiance de la part des clients japonais. Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les sociétés, les entrepreneurs peuvent opter, si la nature de leurs activités et la relation avec les clients le permettent, pour la nouvelle forme Gôdô Kaisha, dont les frais de création sont plus faibles et les formalités plus simples que la Kabushiki Kaisha.

Cependant, créer son entreprise n'est pas chose simple, et il faudra surmonter de nombreux obstacles. Tout d'abord, il conviendra de bien élaborer le projet d'activités et la structure de la société en tenant compte des conditions (notamment fonds et effectif minimum) requises pour l'obtention d'un certificat d'éligibilité (pour le statut de résidence « investor/business manager) afin d'éviter tout problème au cas où la société est créée, mais que le certificat d'éligibilité n'est finalement pas délivré….

Ensuite, la création d'une ent reprise nécessite un investissement important de temps et d'argent. Au minimum, il faudra un capital de 5 millions de yen (ou 2 salariés réguliers), s'ajoutant à cela 300 000 yen de frais d'enregistrement. Le temps nécessaire varie de 1 à 3 mois. De plus, certaines activités requièrent une licence ou autorisation (par exemple, la restauration, l'importation ou vente de boissons alcoolisées, etc).

Mlle. Yoko Majima, conseil juridique spécialisé ayant à de nombreuses reprises assisté des groupes et des particuliers à la création de leur entreprise, insiste sur la difficulté de la tâche. Elle nous précise d'ailleurs le point suivant : « La majorité des Français réussissant dans la gestion de leur entreprise possèdent à la fois des connaissances dans la langue et la culture japonaise. De plus, beaucoup de ceux qui réussissent ont déjà une expérience passée de création et de gestion d'entreprise en France. Alors avant de penser à créer son entreprise, je pense qu'il faut à la fois comprendre la culture japonaise et posséder la capacité et la connaissance pour se distinguer des autres en étant préparé à l'avance ».

Et même si vous réussissez tout cela, le plus important reste à venir, et il faut bien se mettre en tête qu'on ne peut réussir au Japon en arrivant les mains vides.


Procédure type de la création d'entreprise au Japon
  1. Décision sur la forme de la société (Kabushiki Kaisha, Gôdô Kaisha, etc.)
  2. Décision sur les éléments nécessaires de la société (raison sociale, objets, capital, période d'exercice comptable, méthode de noti f ication publ ique, administrateurs, etc.)
  3. Décision de l'adresse des locaux de la société
    * Parallèlement aux préparations susmentionnées, il faudra également procéder aux formalités telles que la décision de l'adresse du domicile, l'enregistrement comme résidant étranger auprès de la mairie, l'enregistrement d'un sceau personnel ou une certification de signature délivrée par le Consulat.
  4. Formalités de création d'une société (élaboration des statuts, fabrication d’un sceau de la société, versement du capital à la banque, etc.)
  5. Enregistrement de la société auprès du Bureau des affaires légales
  6. Demande d'un certificat d'éligibilité (auprès du Bureau de l'immigration au Japon) et d'un visa (auprès de l'Ambassade du Japon en France)
  7. Déclaration auprès du centre des impôts nationaux
  8. Déclarations relatives à la sécurité sociale et les assurances du travail


Intermédiaire ou organisme proposant des consultations en anglais et en français
  1. Yoko MAJIMA, Conseil juridique
    TEL: +81 (0)3 3348 1525
    Fax: +81 (0)3 3954 5854
    Site Internet: www.juridique.jp
    Courriel:
  2. MIPRO (Manufactured Imports and Investment Promotion Organization)
    TEL: +81 (0)3 3988 2791(Standard)
    Site Internet: www.mipro.or.jp
    Courriel:
  3. Tokyo Business Entry Point
    TEL: +81 (0)3 5320 4889
    Fax: +81 (0)3 5388 1465
    Site Internet : www.tokyo-business.jp
    Courriel:


Ouvrage comportant toutes les informations utiles pour s'implanter au Japon

Guide « S'implanter au Japon »
édition 2009-2010 (Ubifrance) 69€
www.ubifrance.fr



6 questions à des entrepreneurs ayant leur activité au Japon

Questions!
  1. Quelle est l'activité de votre entreprise ?
  2. A quelle occasion vous êtes-vous implanté au Japon ?
  3. Quelles ont été les difficultés rencontrées avant et après la création de l'entreprise ?
  4. Qu'avez-vous trouvé d'intéressant après la création de l'entreprise ?
  5. En tant que chef d'entreprise, sur quels points êtes-vous particulièrement exigeant ?
  6. Avez-vous des conseils pour les Français désirant s'implanter au Japon?

Christian Polak
Représentant de l'entreprise de consulting K.K.SERIC Parcours

Il se rend au Japon en 1971 et étudie l'histoire des relations franco-japonaise à l'université de Hitsotsubashi. A partir de 1976, et ce pendant 2 ans, il travaille à l'ambassade de France au Japon. En1981, il fonde la société de consulting K.K.SERIC. Depuis, il se focalise sur le développement des relations entre les entreprises françaises et japonaises, européennes et asiatiques.

L'enterprise

K.K. SERIC
KS Bldg. 8 Fl. 4-5,
Kojimachi Chiyoda-ku, Tokyo 102-0083
TEL : +81 (0)3 3261 1866
www.seric-japon.com


  1. Nous conseillons et soutenons, en tant que représentant local, des entreprises qui projettent de pénétrer le marché japonais.
  2. A l'origine, je souhaitais devenir professeur d'histoire des relations franco-japonaises à l'université. Mais à l'époque où j'étudiais, il était interdit à un étranger d'enseigner dans une université publique. Donc finalement, je ne pus réaliser mon rêve. A ce moment, un camarade me conseilla « et pourquoi ne pas monter ta propre entreprise ? », ce que je fis.
  3. Lors de la création, je n'y connaissais absolument rien en gestion d'entreprise. J'ai donc dû apprendre le droit commercial, solliciter des amis, et étudier tous les jours. De plus, je n'avais aucune spécialisation particulière. J'écrivais constamment des termes du monde des affaires que j'apprenais par coeur.
  4. Rencontrer des entrepreneurs d'une grande qualité et d'excellence. J'étais notamment ravi d'avoir pu faire la connaissance du fondateur de Honda, Sôichirô Honda.
  5. La politique de mon entreprise repose sur 6 principes : modestie, passion, effort, persévérance, sincérité, imagination. Et je pense que c'est justement parce que je m'applique à mettre en oeuvre ces principes que 30 après sa création, mon entreprise est désormais reconnue par des grands groupes français et japonais.
  6. Maîtriser le japonais. Tous mes employés parlent la langue, et nous nous inspirons fortement des principes importants de gestion à la japonaise.



Guillaume Davin
Représentant de l'entreprise de vente sur internet GLS JAPAN K.K.

Il travaille pendant 20 ans au service marketing et stratégie du groupe LVMH. En 2001, il est nommé directeur général de Parfums Christian Dior Japon à Tokyo. De 2006 à 2009, il est vice-président de Louis Vuitton Japan. En août 2009, il se met à son compte et fonde la succursale japonaise de GLS Holdings (siège à Singapour), GLS JAPAN K.K

L'enterprise

GLS JAPAN K.K
Aoyama-Kumano Shrine Bldg.3F, 2-2-22,
Jingumae, Shibuya-ku, Tokyo 150-0001
TEL: +81 (0)3 5763 9156
www.glamour-sales.com


  1. Glamour-sales.com organise des ventes évènementielles de produits de grandes marques pour ses membres. Une relation directe avec plus de 150 marques nous permet d'offrir des prix de -40 a -70% par rapport aux boutiques.
  2. En travaillant 8 années au Japon pour LVMH, j'ai pu acquérir une connaissance du marché du luxe et des consommateurs japonais. J'ai aussi compris qu'internet et l e-commerce offraient une importante opportunité de croissance aux grandes marques.
  3. Rien ne se passe jamais comme prévu. Comme je n'avais aucune connaissance d'internet, j'ai dû étudier à partir de zéro. De plus, lorsque j'étais salarié, je bénéficiais du soutien du groupe, alors que désormais je devais me débrouiller seul.
  4. La croissance des membres de glamour-sales. Via le bouche à oreille, nous avions plus de 125,000 membres le 15 mars 2010. De plus, internet étant un nouveau secteur, j'ai la chance de travailler dans une ambiance dynamique avec une équipe jeune.
  5. Pour augmenter la motivation des employés, je leur laisse beaucoup de marge de manoeuvre. J'aspire à un environnement qui me permette d'être attentif à chaque salarié tout en leur laissant de la liberté dans leur travail.
  6. Il faut avoir l'esprit de challenge et un moral d'acier ! Il faut aussi s'adapter à la facon de travailler des japonais. Il faut beaucoup expliquer la direction et les priorités de l'enterprise puis détailler les actions a prendre. Nous francais sommes très intuitifs tandis que les Japonais sont très organisés et très méthodiques. Nous sommes très complémentaires !



Olivier PAOLI
Directeur de l'atelier de lutherie Aux Petits Chevalets

De 1991 à 1994, il fait son apprentissage à l'école de lutherie Mirecourt. Ensuite, il part travailler à Caen pour la maison LE CANUMILLANT. En 1996, après avoir effectué son service militaire, il est employé par l'atelier Storioni à Paris, qu'il reprend à son compte en 1998. Il vend son enseigne puis, en 2009, ouvre son atelier dans le quartier Shibuya à Tokyo.

L'enterprise

Aux Petits Chevalets
Clair Nampeidai102 7-2
Nanpeidai-cho, Shibuya-ku,Tokyo 150-0036
TEL: +81 (0)3 6416 1533
www.auxpetitschevalets.com


  1. Ma principale activité est la vente et la réparation des instruments à cordes frottées, violons, altos, violoncelles et archets.
  2. A l'âge de 23 ans, je dirigeais un atelier à Paris. Je pense qu’à l'époque j'étais le plus jeune artisan à son compte de tout Paris. Pourtant, je n'étais pas complètement satisfait. C'est lors d'un séjour au Japon pour un stage de lutherie, que j'ai décidé d'y ouvrir mon propre magasin.
  3. J'ai eu beaucoup de mal pour les démarches administratives. En fait, je n'ai pas réussi les deux premières fois. A la troisième, tout s'est finalement bien passé, et cela fait maintenant 6 ans que je me suis lancé dans cette aventure. Mon capital a été d'environ 14 000 000 de yen.
  4. J'ai pris un risque car j'ai utilisé toutes mes économies de l'époque. Au début je voulais juste me lancer pour voir, et dans un certain sens, on peut dire que j'étais un peu « fou ».
  5. Proposer une bon rapport qualité / prix, entretenant ainsi une relation de confiance en satisfaisant le client, ce qui aboutira éventuellement à l'achat d'un instrument.
  6. Pour la création, faire appel à un intermédiaire. Au cas où, disposer de suffisamment de fonds. Ensuite, adapter sa méthode de communication à la façon japonaise. Si vous insistez en disant « que vous voulez faire comme ça », peutêtre que vous ne pourrez pas arriver au resultat souhaité.


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