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mardi, 01/06/2010 13:00CET

Tout pour devenir dessinateur de mangas au Japon

Tout comme le lointain Japon, où ils font l’actualité, les mangas connaissent un énorme succès en France. Récemment, de plus en plus de jeunes Français souhaitent devenir dessinateurs de mangas, ou mangaka, le but ultime étant de réaliser ce rêve au Japon. Mais attention, même au Japon, le monde des mangas n’est pas si simple. Alors, existe-t-il des moyens pour un Français de réussir à devenir mangaka au Japon? Nous allons tenter de le découvrir ici.

[Texte : Kazushi Takeuchi (PRESS PARIS) Collaboration: Frédéric Toutlemonde (Euromanga), Yukari Shiina (World-manga), Hisae Moisson Traduit en français: Thibault. C]


Interview de 3 mangakas

Jean-paul NISHI

Jean-paul NISHIPrésentation
Mangaka souhaitant à l’époque devenir assistant d’un dessinateur de BD, il se rend en France en 2005. On lui dit que cet emploi n’existe pas ici, et à la place il travaille dans une boutique d’alimentation japonaise. Il reste un an à Paris. En 2008, il raconte son quotidien en France dans Paris no mayoikata (Comment se perdre à Paris) chez Shûeisha.
lostinparis.jugem.jp

Je note les détails de la vie quotidienne que je dépeins ensuite dans mes mangas. Depuis mon enfance, j’aimais les mangas, j’en lisais beaucoup, et je dessinais souvent. Ces dernières années, nombreux sont ceux qui débutent via internet, mais en général il faut s’y prendre de la façon suivante pour devenir mangaka. Tout d’abord, il faut gagner le prix d’un magazine. Ensuite, avec l’éditeur, il faut se fixer de publier plusieurs petites histoires courtes. C’est à ce moment que beaucoup chutent. Si vous réussissez ici, vous aurez des publications régulières, et au final votre propre manga. Mais si vous n’êtes pas populaire, la publication stoppe et vous n’aurez pas de manga. Il est très difficile de devenir mangaka, mais lorsqu’on à réalisé une oeuvre qui nous satisfait et que l’on reçoit le retour du public, on est très heureux. Le charme des mangas japonais est que chacun peut s’y mettre librement même si l’on n’est pas doué en dessin. Pour le thème, il suffit de chercher au plus profond de vous, et vous en trouverez un adéquat. Au contraire, je pense que vous vous perdrez si vous tentez de chercher “un thème qui plairait au Japon”. J’attends avec impatience un Français qui excellerait dans la création d’un manga.

Felipe Smith

Felipe SmithPrésentation
Il naît en 1978 dans l’Ohio aux États-Unis. Il sort diplômé de l’Université des Beaux-Arts de Chicago en 2004 et remporte le prix du meilleur nouveau talent de dessinateur américain Tokyopop. En 2008, il obtient la possibilité de publier comme régulier dans le magazine Morning 2 de Kôdansha et se rend au Japon. Il est l’un des rares mangakas étrangers à avoir réussi au Japon.
www.felipesmith.com/mbq

J’ai voulu réussir comme dessinateur de mangas au Japon car tout le monde aux États-Unis me disait que c’était impossible. Un jour, j’ai participé à un reportage dans une librairie fameuse de Buenos Aires où j’ai grandi. A ce moment, j’ai constaté qu’une de mes publications américaines, MBQ, n’était pas du tout populaire, et le patron me dit que “cela ne se vendait pas car ce n’était pas japonais”, et que moi un américain je n’y parviendrai pas. Je n’étais pas d’accord, et j’ai voulu prouver cette erreur au Japon. (Après la parution régulière de Peepo Choo dans le magazine japonais, il se rend au Japon). Sur place, j’ai cependant ressenti la barrière de la culture. Même actuellement, je cherche à trouver ce qui peut intéresser les lecteurs japonais. Et pour les Japonais, tant que c’est intéressant, ils ne cherchent pas à savoir d’où vient l’auteur. Bonne chance à tous ceux qui veulent tenter leur chance au Japon! Montrons-leur que les puristes étrangers du manga japonais se trompent! C’est l’heure de la révolte! Time to revolt !

Philippe Cardona

Philippe CardonaPrésentation
Il naît à Marseille en 1978. Il fait ses débuts à 19 ans avec Le Coeur de Xatim. Il publie Sentaï School en 2002, Foot 2 Rue en 2005, Magical Janken Pon en 2007, et Noob en 2010. Il vit actuellement au Japon. Il publie actuellement un strip de 6 cases dans le magazine Apprenons le Français à la télévision aux éditions NHK.
sentaiprod.fr/blog
dekarogue.deviantart.com

Pour moi, le Japon était un rêve inaccessible, une illusion. Résider à Tokyo, s’imprégner de l’ambiance, c’est déjà en soi vivre un rêve éveillé. Obtenir un emploi au Japon était vraiment un coup de chance. Bien sûr, il y a des moments difficiles. Le marché japonais du manga est très dur, et comme il y a beaucoup de restrictions, il est difficile de s’imposer pour un petit mangaka français. Il y a également la barrière de la langue. Mais les mangas japonais sont extraordinaires. Quoi qu’on en dise, les protagonistes sont très proches des lecteurs. Il y a une véritable progression des personnages à qui l’on s’attache. A l’opposé, les personnages dans la BD française sont comme des icônes intouchables. Pour ceux qui souhaitent devenir mangaka, je leur conseillerais de dessiner sans cesse et de s’y donner passionnément à 300%. Il faut particulièrement savoir dessiner des personnages, des arrière-plans, des moyens de locomotion. Il est également important de lire beaucoup de mangas et de BD, afin de bien comprendre la construction d’une histoire, l’avancée des cases, la disposition. Pour être dessinateur de BD ou de manga, il faut savoir raconter une histoire et la mettre en scène.



Interviexw de 3 mangakas


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