Le Bon, la célébrations des ancêtres
Par respect et engagement pour leur entreprise, les
japonais ne prennent généralement que peu de congès.
Néanmoins, ils privilègient pour leur repos deux périodes
de l'année: le nouvel an japonais, l'Oshogatsu et la fête
en hommage aux ancêtres, le Bon. A l'époque Edo, le Bon
et l'Oshogatsu étaient également les uniques moments
durant lesquelles les travailleurs domestiques pouvaient
retourner dans leur foyer. De nos jours, pendant la période
du Bon, toutes les familles se retrouvent dans leur foyer et
également au cimetière pour célébrer l'âme des morts.
(Text : Kei Okishima)

PHOTO : Le Goyamaokuribi, feux du 16 août à Kyoto,
est le plus grand feu Bon du Japon.
Les cing feux sont allumés en hommage aux esprits
sur cinq montagnes entourant Kyoto et sont visibles du
centre de la ville sont allumés.
L'histoire du Mokuren,
origine du Bon
Les explications sur l'origine du Bon
sont nombreuses mais la plus populaire
est celle du Mokuren, histoire provenant
du Urabonkyo, livre religieux bouddhiste.
Suite à une vie remplie de désirs, la
mère de Mokuren meurt et est envoyée
au Gakido, l'enfer des personnes avides.
Au Gakido, tout désir est transformé en
feu pour punir les pêcheurs. Dans une de
ses visions, Mokuren voit sa mère mince
et affaiblie, la tête vers le bas et les pieds
accrochés. Pour apéser sa souffrance,
Mokuren demande à Shakya, son maître
bouddhiste, ce qu'il peut faire. Shakya lui
conseille de célébrer un office pour l'âme
de moines et de leur donner à manger.
Mokuren réalise donc une offrande le 15
juillet, le jour de la fin des moussons, jour
où les moines bouddhistes terminent leurs
cent jours de prières ayant emmagasiné
suffisamment d'énergie spirituelle. Suite
à sa bonne action, Mokuren voit sa mère
être libérée.
De cette histoire, le 15 août (le 15
juillet de l'ancien calendrier japonais) est
devenu le jour centrale de la fête du Bon.
La célébration du Bon
Du 13 au 16 août, le Bon est célébré dans toutes les
familles japonaises quelques soient leur attachement
religieux. Elle consiste au retour annuel des esprits des
ancêtres dans leur foyer. Les japonais font alors des
offrandes au Gakido et prient pour leurs ancêtres. Cette
célébration est le mélange de la légende de Mokuren et
du culte des ancêtres ancré dans la culture japonaise.
La fête du Bon a évolué au cours du temps avec les
coutumes régionales. Elle est différente en fonction des
régions. Néanmoins, certains artefacts restent présents
dans toutes les célébrations.
L'autel, nommé le Shoryodana, est souvent installé
dans les maisons japonaises à côté de l'autel familiale. Le
premier jour, on y dispose un concombre sur quatre pieds
surélevés représentant un cheval, ceci afin de permettre
à l'esprit d'arriver plus rapidement au foyer. De même,
le jour du départ de l'esprit, une aubergine sur quatre
pieds surélevés, symbole de la vache, représente un
moyen de déplacement lent pour profiter le plus possible
de l'esprit. Des fleurs, des fruits et des légumes de saison
sont également offerts en l'honneur des esprits. Enfin, les
plats préférés des ancêtres sont aussi déposés sur l'autel.
Le feu, artefact attirant les esprits, est également une
caractéristique de la fête du Bon. Il est conçu à la maison
à base de fines tiges de chanvre séchées, symbole de la
pureté. Ces tiges sont mises en cercle à l'extérieur de la
maison et ensuite allumées le soir arrivant.

Mukaebi, feu acceuillant les esprits les 13 août

Symbole du cheval ou de la vache,
le concombre ou l'aubergine est disposé
sur l'autel familital pour le Bon.
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