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mardi, 30/08/2011 11:00CET

Le système éducatif japonais et les activités parascolaires

Pour beaucoup d'enfants, l'école est un lieu important pour assimiler des activités sociales indispensables. A travers les matières enseignées en classe et la vie de tous les jours hors de l'école, chaque enfant apprend comment devenir un individu à part entière afin de s'insérer dans la société. Tentons alors de comprendre le système éducatif japonais et de mettre en relief ses singularités et ses différences avec le système français. Nous présenterons d'abord le système en tant que tel, puis nous verrons un bref aperçu des activités parascolaires et de leurs objectifs, pour terminer avec l'exemple de l'école primaire.

(Texte : Mitsue Into-Hajouai, Traduit en français : Thierry. C)

Le système éducatif japonais

Au Japon, l'éducation scolaire au sens strict repose sur l'article 1 de la Loi sur l'éducation scolaire de 1947. Le système éducatif japonais se divise en élémentaire (maternelle), primaire (école), secondaire (collège puis lycée) , et supérieur avec l'université et le doctorat ou bien des études courtes de deux ans et des écoles spécialisées.

Pour résumer simplement chaque système, on peut entrer à la maternelle dès 3 ans, et cette dernière se divise en petite, moyenne et grande section. On y pratique principalement des activités ludiques. L'école primaire dure six ans, et les élèves de CP sont appelés « élèves de première année » et ce ainsi de suite jusqu’à « élèves de sixième année ». Il en est de même pour les trois années de collège. Le lycée se déroule également sur trois années, et il existe une voie normale et une spécialisée. Pour les premiers, s'ils veulent continuer et aller jusqu'à l'université, de nombreux examens d'entrée les attendent la dernière année. Ces derniers, se distinguent quelque peu du baccalauréat français, puisqu'il ne s'agit pas d'un examen sanctionnant la fin du lycée. En effet, pour chaque université, les matières et sujets sont différents, et en fonction de son niveau, l'élève choisira le public ou le privé, tout en préparant à la fois les examens de fin du lycée. Ainsi, même si vous terminez le lycée, vous n'aurez pas d'endroit où aller l'année suivante si vous n'avez réussi aucun examen d'entrée. L'université dure quatre ans. En règle générale, pendant les deux premières années, on y apprend les savoirs généraux de sa spécialité que l'on approfondit pendant les deux dernières années. Ceux qui terminent obtiendront une licence.


Le système éducatif obligatoire japonais

Voyons maintenant le système obligatoire. La période de scolarité obligatoire est une étape importante pour recevoir les bases de l'éducation. Toutefois, le système éducatif japonais diffère du système éducatif français sur quelques points. Comment en sommes-nous arrivés au système actuel ? Il convient de remonter à l'ère Meiji (1868) pour trouver une explication.

L'école est obligatoire pendant neuf ans, de l'âge de 6 à 15 ans, soit un an de moins qu'en France. Ce système, appelé rokusansei (6·3 sei), s'est développé après la défaite de la Seconde Guerre Mondiale. Auparavant, après avoir terminé l'école primaire d'alors qui durait six ans (la jinjôshôgakkô représentait à l'époque le premier échelon de l'éducation lequel a existé de l'ère Meiji jusqu'à la survenue de la Guerre), on pouvait poursuivre ses études pendant cinq ans au collège (pour les garçons) ou dans une école professionnelle (pour les filles) ou se destiner à aider à la maison en poursuivant deux ans en kôtôshôgakkô (sorte d'intermédiaire entre le primaire et le collège). En 1941, ce dernier et l’école primaire sont réorganisés en une seule structure (kokumingakkô) répartie en six ans de primaire et deux ans de secondaire.

Avec la nouvelle Loi sur le système éducatif, la scolarité obligatoire est passée à trois ans de collège après six années de primaire. Cependant, ces neuf années obligatoires sont fixées en fonction de l'âge. Ainsi, de 6 à 15 ans, même si vous n'allez pas régulièrement à l'école pour une raison quelconque comme la maladie ou l'absentéisme, ce système permet dans la plupart des cas de terminer le collège sans jamais redoubler. Il ne se limite pas au simple redoublement, mais également au saut de classe. En effet, la loi précise l'âge minimum requis pour l'entrée à l'école primaire, au collège et au lycée (respectivement 6, 12 et 15 ans). Cette disposition législative a pour but de mettre en oeuvre l'égalité des enfants et des élèves. Le système japonais diffère donc sensiblement de son équivalent français qui permet les redoublements et les sauts de classe.


Disciplines, matières et activités parascolaires

Présentons maintenant les cours japonais. Ils reposent sur deux grandes catégories. Les cours dont les objectifs et contenus des disciplines et matières sont définis, et les diverses activités parascolaires (activités spéciales) autres que les programmes éducatifs, disciplines et matières . Ces dernières sont variées et singulières au Japon, et donc peu répandues en France. Pour en comprendre le sens actuel, il faut observer le contexte de l'ère Meiji.

Le contenu des activités spéciales

A la fin de l'ère Meiji, chaque école organise ses propres voyages scolaires et fêtes sportives (undôkai), et on en reconnaît alors la signification éducative. En 1943 et 1970, le Programme (gakushû shidô yôryô) publié par le Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie intègre les activités qui n'en faisaient pas partie sous l'appellation de tokubetsukatsudô (activités spéciales) qui perdurent jusqu’à nos jours. On y trouve les activités réalisées en dehors de la classe (Homeroom), les associations d'enfants où les élèves peuvent prendre des initiatives, les activités d'associations d'élèves, les événements scolaires (cérémonies d’entrée, fêtes sportives, voyages scolaires,…), mais également des cours sur la morale (cours d’éducation morale) et des cours de synthèses (cours pendant lequel on recherche et étudie sur un thème spécifique). L'ensemble des activités de chaque élève figure ainsi dans le Programme. Les objectifs sont notamment le développement harmonieux du corps et de l'esprit et l'affirmation de la personnalité, l'approfondissement de la conscience de groupe, de l'idéal de l'être humain et de la vie. Malgré l'appellation « d'activités spéciales », ces dernières sont variées.

Les activités de classes à l'école primaire

Après les activités spéciales, voyons les activités de classe. Ce qui donne sa spécificité à l'école primaire, c'est qu'elle permet d'inculquer les objectifs et orientations de base à travers ses diverses activités. Commençons par la réunion du matin (asa no kai) avant le début des cours, pour terminer par son pendant du soir avant de quitter l'école, la réunion du retour (kaeri no kai).

La réunion du matin

Il s'agit d'une activité qui se déroule à l'école avant la première heure de cours. Chaque classe peut procéder différemment, mais en général on commence par effectuer le salut du matin, le professeur principal vérifie la présence des élèves, le contenu des cours du jour, puis on termine par la mise en place des objectifs de la journée. Cette activité dure environ 15 minutes, et elle n'est pas effectuée comme un cours avec un professeur debout devant les élèves, mais menée par les élèves de permanence du jour (nicchoku). Afin que chacun puisse participer, ces derniers changent tous les jours selon un système de rotation. En général, il s'agit d'un garçon et d'une fille. Pour les petites sections, le professeur intervient souvent pour aider les enfants à décider des objectifs du jour, mais les élèves de grande section font un discours complet notamment sur les réalisations de la veille. Les autres élèves peuvent également prendre la parole pour exprimer leurs desideratas sur les cours ou bien échanger leurs avis et impressions sur les exposés des camarades. A travers cette activité matinale, les élèves peuvent mieux comprendre les objectifs des cours dès le début de la journée et avoir un aperçu des activités prévues et de leur déroulement. La réunion du matin est en outre une activité qui permet aux élèves de s'amuser en s'investissant dans leur exposé devant la classe, de s'habituer à parler devant les autres, de développer leur capacité à organiser leurs idées, et de connaître les autres élèves.

La réunion du retour

Il s'agit d'une activité de classe qui se déroule après la fin des cours. Complément de la réunion du matin, ce sont les mêmes élèves de permanence qui en assurent la présentation debout devant le bureau du professeur. Il s'agit d'un moment privilégié dédié à la réflexion sur la journée passée. On vérifie notamment la réalisation des objectifs fixés le matin et les activités effectuées. S'il y a eu des différends pendant les cours, ils seront réglés durant cette réunion par la discussion. En cas de problème entre élèves concernant toute la classe, chacun peut émettre son avis. Face aux phénomènes actuels des brimades ou du refus d'aller à l'école, les classes où l'on favorise l'échange ne sont pas rares. Il arrive même que de nombreuses classes finissent tard afin de résoudre un problème. L'autre objectif est de vérifier la structure et la répartition des horaires du lendemain. Si un contrôle sur une matière est prévu, on en délimite le champ pour bien s'y préparer. Le professeur prend la parole pour clôturer la réunion, terminant ainsi la journée des élèves du primaire.

Nous avons donc présenté le système éducatif ainsi que les activités parascolaires. En résumé, même si l'enseignement scolaire japonais peut présenter quelques similitudes avec la France, les activités parascolaires comme celles du primaire restent typiquement japonaises.



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