Le système éducatif
japonais et les
activités parascolaires
Pour beaucoup d'enfants, l'école est un lieu important pour assimiler des activités
sociales indispensables. A travers les matières enseignées en classe et la vie de tous
les jours hors de l'école, chaque enfant apprend comment devenir un individu à part
entière afin de s'insérer dans la société. Tentons alors de comprendre le système
éducatif japonais et de mettre en relief ses singularités et ses différences avec le
système français. Nous présenterons d'abord le système en tant que tel, puis nous
verrons un bref aperçu des activités parascolaires et de leurs objectifs, pour terminer
avec l'exemple de l'école primaire.
(Texte : Mitsue Into-Hajouai, Traduit en français : Thierry. C)

Le système éducatif
japonais
Au Japon, l'éducation scolaire au sens
strict repose sur l'article 1 de la Loi sur
l'éducation scolaire de 1947. Le système
éducatif japonais se divise en élémentaire
(maternelle), primaire (école), secondaire
(collège puis lycée) , et supérieur avec
l'université et le doctorat ou bien des études
courtes de deux ans et des écoles spécialisées.
Pour résumer simplement chaque système,
on peut entrer à la maternelle dès 3 ans, et
cette dernière se divise en petite, moyenne et
grande section. On y pratique principalement
des activités ludiques. L'école primaire dure
six ans, et les élèves de CP sont appelés
« élèves de première année » et ce ainsi de
suite jusqu’à « élèves de sixième année ».
Il en est de même pour les trois années de
collège. Le lycée se déroule également sur
trois années, et il existe une voie normale
et une spécialisée. Pour les premiers, s'ils
veulent continuer et aller jusqu'à l'université,
de nombreux examens d'entrée les
attendent la dernière année. Ces derniers,
se distinguent quelque peu du baccalauréat
français, puisqu'il ne s'agit pas d'un examen
sanctionnant la fin du lycée. En effet, pour
chaque université, les matières et sujets sont
différents, et en fonction de son niveau,
l'élève choisira le public ou le privé, tout en
préparant à la fois les examens de fin du
lycée. Ainsi, même si vous terminez le lycée,
vous n'aurez pas d'endroit où aller l'année
suivante si vous n'avez réussi aucun examen
d'entrée. L'université dure quatre ans. En
règle générale, pendant les deux premières
années, on y apprend les savoirs généraux de
sa spécialité que l'on approfondit pendant les
deux dernières années. Ceux qui terminent
obtiendront une licence.
Le système éducatif
obligatoire japonais
Voyons maintenant le système obligatoire.
La période de scolarité obligatoire est une
étape importante pour recevoir les bases de
l'éducation. Toutefois, le système éducatif
japonais diffère du système éducatif français
sur quelques points. Comment en sommes-nous
arrivés au système actuel ? Il convient de
remonter à l'ère Meiji (1868) pour trouver une
explication.
L'école est obligatoire pendant neuf ans,
de l'âge de 6 à 15 ans, soit un an de moins
qu'en France. Ce système, appelé rokusansei
(6·3 sei), s'est développé après la défaite de
la Seconde Guerre Mondiale. Auparavant,
après avoir terminé l'école primaire
d'alors qui durait six ans (la jinjôshôgakkô
représentait à l'époque le premier échelon
de l'éducation lequel a existé de l'ère Meiji
jusqu'à la survenue de la Guerre), on pouvait
poursuivre ses études pendant cinq ans au
collège (pour les garçons) ou dans une école
professionnelle (pour les filles) ou se destiner à
aider à la maison en poursuivant deux ans en
kôtôshôgakkô (sorte d'intermédiaire entre le
primaire et le collège). En 1941, ce dernier et
l’école primaire sont réorganisés en une seule
structure (kokumingakkô) répartie en six ans
de primaire et deux ans de secondaire.
Avec la nouvelle Loi sur le système éducatif,
la scolarité obligatoire est passée à trois
ans de collège après six années de primaire.
Cependant, ces neuf années obligatoires sont
fixées en fonction de l'âge. Ainsi, de 6 à 15
ans, même si vous n'allez pas régulièrement à
l'école pour une raison quelconque comme la
maladie ou l'absentéisme, ce système permet
dans la plupart des cas de terminer le collège
sans jamais redoubler. Il ne se limite pas au
simple redoublement, mais également au saut
de classe. En effet, la loi précise l'âge minimum
requis pour l'entrée à l'école primaire, au
collège et au lycée (respectivement 6, 12 et 15
ans). Cette disposition législative a pour but
de mettre en oeuvre l'égalité des enfants et
des élèves. Le système japonais diffère donc
sensiblement de son équivalent français qui
permet les redoublements et les sauts de classe.

Disciplines, matières et
activités parascolaires
Présentons maintenant les cours japonais.
Ils reposent sur deux grandes catégories.
Les cours dont les objectifs et contenus des
disciplines et matières sont définis, et les
diverses activités parascolaires (activités
spéciales) autres que les programmes
éducatifs, disciplines et matières . Ces
dernières sont variées et singulières au Japon,
et donc peu répandues en France. Pour en
comprendre le sens actuel, il faut observer le
contexte de l'ère Meiji.
Le contenu des activités
spéciales
A la fin de l'ère Meiji, chaque école
organise ses propres voyages scolaires et
fêtes sportives (undôkai), et on en reconnaît
alors la signification éducative. En 1943 et
1970, le Programme (gakushû shidô yôryô)
publié par le Ministère de l'Éducation, de
la Culture, des Sports, des Sciences et de la
Technologie intègre les activités qui n'en
faisaient pas partie sous l'appellation de
tokubetsukatsudô (activités spéciales) qui
perdurent jusqu’à nos jours. On y trouve
les activités réalisées en dehors de la classe
(Homeroom), les associations d'enfants où
les élèves peuvent prendre des initiatives,
les activités d'associations d'élèves, les
événements scolaires (cérémonies d’entrée,
fêtes sportives, voyages scolaires,…), mais
également des cours sur la morale (cours
d’éducation morale) et des cours de synthèses
(cours pendant lequel on recherche et étudie
sur un thème spécifique). L'ensemble des
activités de chaque élève figure ainsi dans le
Programme. Les objectifs sont notamment le
développement harmonieux du corps et de
l'esprit et l'affirmation de la personnalité,
l'approfondissement de la conscience de
groupe, de l'idéal de l'être humain et de
la vie. Malgré l'appellation « d'activités
spéciales », ces dernières sont variées.

Les activités de classes à
l'école primaire
Après les activités spéciales, voyons les
activités de classe. Ce qui donne sa spécificité
à l'école primaire, c'est qu'elle permet
d'inculquer les objectifs et orientations
de base à travers ses diverses activités.
Commençons par la réunion du matin (asa no
kai) avant le début des cours, pour terminer
par son pendant du soir avant de quitter
l'école, la réunion du retour (kaeri no kai).
La réunion du matin
Il s'agit d'une activité qui se déroule à
l'école avant la première heure de cours.
Chaque classe peut procéder différemment,
mais en général on commence par effectuer
le salut du matin, le professeur principal
vérifie la présence des élèves, le contenu des
cours du jour, puis on termine par la mise
en place des objectifs de la journée. Cette
activité dure environ 15 minutes, et elle
n'est pas effectuée comme un cours avec un
professeur debout devant les élèves, mais
menée par les élèves de permanence du jour
(nicchoku). Afin que chacun puisse participer,
ces derniers changent tous les jours selon un
système de rotation. En général, il s'agit d'un
garçon et d'une fille. Pour les petites sections,
le professeur intervient souvent pour aider les
enfants à décider des objectifs du jour, mais
les élèves de grande section font un discours
complet notamment sur les réalisations de la
veille. Les autres élèves peuvent également
prendre la parole pour exprimer leurs
desideratas sur les cours ou bien échanger
leurs avis et impressions sur les exposés des
camarades. A travers cette activité matinale,
les élèves peuvent mieux comprendre les
objectifs des cours dès le début de la journée
et avoir un aperçu des activités prévues et
de leur déroulement. La réunion du matin
est en outre une activité qui permet aux
élèves de s'amuser en s'investissant dans leur
exposé devant la classe, de s'habituer à parler
devant les autres, de développer leur capacité
à organiser leurs idées, et de connaître les
autres élèves.
La réunion du retour
Il s'agit d'une activité de classe qui se
déroule après la fin des cours. Complément
de la réunion du matin, ce sont les mêmes
élèves de permanence qui en assurent la
présentation debout devant le bureau du
professeur. Il s'agit d'un moment privilégié
dédié à la réflexion sur la journée passée. On
vérifie notamment la réalisation des objectifs
fixés le matin et les activités effectuées. S'il y a
eu des différends pendant les cours, ils seront
réglés durant cette réunion par la discussion.
En cas de problème entre élèves concernant
toute la classe, chacun peut émettre son avis.
Face aux phénomènes actuels des brimades
ou du refus d'aller à l'école, les classes où
l'on favorise l'échange ne sont pas rares.
Il arrive même que de nombreuses classes
finissent tard afin de résoudre un problème.
L'autre objectif est de vérifier la structure et
la répartition des horaires du lendemain. Si
un contrôle sur une matière est prévu, on en
délimite le champ pour bien s'y préparer. Le
professeur prend la parole pour clôturer la
réunion, terminant ainsi la journée des élèves
du primaire.
Nous avons donc présenté le système
éducatif ainsi que les activités parascolaires.
En résumé, même si l'enseignement scolaire
japonais peut présenter quelques similitudes
avec la France, les activités parascolaires
comme celles du primaire restent typiquement
japonaises.
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