Écrire une lettre en japonais

Très attachés aux spécificités des saisons, les Japonais ne peuvent
se passer d'un mot de salutation s'y rapportant dans l'entête de leur
correspondance. Quels sont donc les usages à respecter lorsque l'on rédige
une lettre dans le cadre d'une occasion spéciale (mariage, décès,…) ou un
courrier plus formel ? Nous allons vous présenter quelques astuce ainsi que
les bonnes manières à respecter.
(Texte: Kei Okishima, Traduit en français : Thierry. C)
Choisir le type de lettre
Lorsque vous écrivez un courrier, vous pouvez utiliser du papier à lettres,
mais également une carte postale ou un petit mot en fonction du contexte.
Les courriers diffèrent ainsi en fonction du contenu et du destinataire.
Le papier à lettres (binsen)
On peut l'utiliser pour différents t ypes de
correspondances, comme les félicitations, les
témoignages de sympathie, les informations, les
conseils et requêtes, ou bien encore les refus ou les
excuses. Si vous souhaitez écrire solennellement,
préférez du papier et une enveloppe blancs.
Autrefois, les lettres étaient rédigées verticalement,
mais actuellement de plus en plus de personnes
écrivent horizontalement, particulièrement dans le
milieu professionnel. Cependant, l'écriture verticale
étant la base, elle est recommandée pour les lettres
formelles dans le cadre d'occasions spéciales
(mariage, décès,…) ou les requêtes.
Les cartes postales (hagaki)
Elles sont utilisées à l'occasion du Nouvel An ou pour
annoncer une visite à quelqu'un lors de la période
la plus chaude de l'année. Par ailleurs, les cartes
postales seront privilégiées pour les messages simples
comme l'annonce d'un déménagement, ce qui est
pratique même pour le destinataire. Cependant,
restant dans le domaine de l'informel, il faudra écrire
une lettre lorsqu’on rédige un courrier plus formel ou
bien à l'attention d'un supérieur ou d'un aîné.
Les petits mots (ippitsusen)
On utilise ces courts messages lorsque l'on rend
quelque chose que l'on a emprunté ou lorsque l'on
remet quelque chose à un ami. Il n'y a ni formalisme
ni message saisonnier, puisqu'ils'agit juste de
transmettre une information de manière concise, et
généralement tout tient sur une seule page.
Lettres et bonnes manières
Pour les occasions spéciales, il est préférable
d'écrire à l'aide d'un pinceau ou d'un styloplume.
Le stylo est également possible, mais le
crayon est réservé pour le brouillon. En outre,
l'encre rouge étant symbole de rupture ou de
recommandation forte, il vaut mieux éviter d'y
recourir pour les courriers normaux. Par ailleurs,
pour le papier à lettres, il est de coutume au
Japon d'ajouter une feuille même si vous avez
tout écrit sur une seule. Cependant, pour « éviter
d'ajouter aux malheurs » dans les messages de
condoléances, on n'utilise qu’une seule feuille
sans en superposer une seconde.
Lettres pour les occasions
spéciales et bonnes manières
Pour les heureux évènements que sont le
mariage ou bien des félicitations, il est usuel
d'utiliser une encre très épaisse. À l'inverse, les
condoléances à l'occasion d'un décès seront
rédigées dans une entre très fine. De plus, sur
les invitations aux banquets de mariage ou aux
obsèques, il est de coutume de ne pas utiliser
de marque de ponctuation. Il s'agit là de ne
pas marquer un point à l'heureux évènement
fêté, et faire que les obsèques et la cérémonie
bouddhiste se déroule sans heurts.
Mots tabous (imi kotoba)
Il s'agit de mots de mauvais augure auxquels il faut
particulièrement faire attention lors de la rédaction
de lettres pour des occasions spéciales.
Mots tabous pour les mariages
Il convient d'éviter les mots faisant penser à la
rupture comme « partir », « rentrer », « couper », ou
encore « revenir ».
De plus, il faut également éviter les mots rappelant
la répétition (encore et encore,…) car le mariage
n'est censé arriver qu'une seule fois.
Mots tabous pour les obsèques
Les mots synonymes de répétition sont là encore
à éviter (à nouveau, fréquemment…) pour ne pas
attirer la mort et le malheur.
Lettres et usages de rédaction
Au Japon, tout à une place et un ordre particulier dans les lettres.
Par exemple, sur du papier à lettres, la règle est d'écrire le nom du destinataire à la fin, mais de
commencer tout en haut. À l'inverse, l'expéditeur s'identifie tout en bas. Par ailleurs, sur les invitations
et les faire-part, le mot koto qui suit watakushi doit être positionné à la fin de la ligne pour que le mot
suivant soit en début de ligne suivante.
Les lettres ont traditionnellement 4 parties : l'introduction (zenmon), le corps du texte (shubun), la
conclusion (matsubun), le timbre (atotsuke). Si nécessaire, il est possible d’ajouter du texte à la suite.

L’introduction
Formules de politesse (tôgo), salutations de saison
(jikô no aisatsu), salutations de prise de nouvelles
(anpi no aisatsu).
La formule de politesse débute tout en haut sans
espace. Il faut en revanche en marquer une pour écrire
les salutations de saison et de prise de nouvelles. Cette
partie représente environ 3 lignes.
Formules de politesse
Elles permettent de respecter le destinataire ou
de faire preuve d'humilité afin de ne pas rentrer
directement dans le vif du sujet. Si vous y recourez,
vous devrez ajouter une formule de politesse de fin car
les deux fonctionnent par pair. Il convient donc de bien
faire attention.
Exemples de formules de politesse de début et de fin
Pour une lettre normale :
haikei - keigu
haitei - haigu
Lettre polie, lettre pour un aîné ou un supérieur :
kinkei - keibyaku
* Ces formules donnent un ton très formel aux lettres, il n'est donc pas
nécessaire d'y avoir recours lorsqu’on écrit à des personnes familières
ou à des enfants.
Salutations de saison
Elles s'écrivent après avoir marqué un espace suite à la
formule de politesse, ou bien en allant à la ligne et en
marquant un espace en haut. Ces phrases utilisent des
mots ou expressions symbolisant les saisons. Tout en
s'attachant au changement de temps, de température
ou des saisons, elles signifient que l'on se souci de la
santé du destinataire. Lorsqu'on écrit une salutation de
saison, on se réfère à la saison actuelle ou bien aux 24
périodes solaires, système qui permettait d'exprimer
les saisons dans l'ancien calendrier.
* 24 périodes solaires (nijûshisekki)
Ancien calendrier basé sur la course du Soleil, chaque période
porte un nom évoquant les saisons. Par exemple, début février,
le terme risshun signifie le premier jour du printemps. Ces noms
provenant de la Chine, il y a un petit décalage avec les saisons
japonaises.
Exemples de salutations de saison
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Lettres pour prendre des nouvelles
Après les salutations saisonnières, on place une phrase
pour prendre des nouvelles du destinataire (santé,…).
Si vous savez que le destinataire est actif et en forme
Ex : (nom+sama) ni okare mashite ha, masumasu gokastuyaku no koto to zon-jimasu
Apparemment tout se passe pour le mieux pour vous
S'il s'agit d'une personne avec qui vous n'avez pas
pris contact depuis longtemps et ne connaissez pas
son état, il convient de placer une formule de prise de
nouvelles
Ex : (nom+sama) ni okare mashite ha, sonogo okawari gozai masenka?
Avez-vous connu des changements depuis la dernière fois ?
Corps du texte
Partie où l'on précise son objet ou son sentiment
(remerciements,…)
Elle débute après avoir marqué un espace. Cette
formule d'introduction est le signal qui indique que l'on
entre dans le corps de la lettre.
Ex : Sate (Alors), Konotabiha (je vous écris
pour), Tokorode (en fait), Totsuzen desuga (c'est
soudain mais…)
Si on parle de soi ou de sa famille, il faut veiller à ce
que les mots s'y rapportant soient en fin de phrase et
non en début.
Conclusion
Dernière phrase qui termine la lettre.
Elle se place en sautant une ligne après le corps de la
lettre en marquant un espace en haut. On y souhaite par
exemple une bonne santé. Ensuite, on y place la formule
de politesse de fin qui va de pair avec celle de début.
Timbre
date, signature, destinataire, titre
Après avoir sauté une l igne après la formule de
politesse de fin et laissé 2 ou 3 espaces, on écrit la
date. Il n'est pas nécessaire de préciser l'année, et
vous pouvez choisir entre la date d'écriture et la date
d’envoi. L'expéditeur s'identifie la ligne après la date.
La ligne suivante, on indique le destinataire et son
titre que l'on place un peu plus haut que la date, en
l'écrivant un peu plus gros que son propre nom. Il faut
de plus faire attention qu'il ne se trouve pas sur la
dernière ligne du papier à lettres.
Plier une lettreIl y a là aussi tout un formalisme. Dans le cas
d'une écriture verticale, on plie un tiers de
la lettre en commençant par le bas, puis on
rabat le tiers du haut. Il faut faire attention à
ce que le nom du destinataire ne se trouve
pas dans un pli. Pour insérer la lettre dans
l'enveloppe, il faut faire de telle sorte que
lorsqu'on retire la lettre et qu'on l'ouvre, le
début du texte soit à droite.
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