Des Français qui
exercent au Japon
Rédacteur:Kazushi Takeuchi (PRESS PARIS), Traduit en français par Thibault.C
Karyn Poupée
Profession: Correspondante permanente de l'AFP au Japon&Journaliste freelance
Région d'origine: Bourgogne
Présence au Japon: 11 ans
Karyn Poupée est journaliste indépendante et
correspondante permanente au bureau de l'AFP
de Tokyo. Elle est spécialisée dans les NTIC et
l'économie. Des appareils électroniques comme
les téléphones portables ou les téléviseurs grand
écran, aux conférences de presse de la Banque du
Japon en passant par les bilans des entreprises,
cette carriériste maîtrise tous les domaines de
l'économie japonaise.
Elle se rend pour la première fois au Japon l'été 1997. Simplement partie pour les vacances, sa vie allait prendre un tournant inexorable.
« A l'instant où je suis arrivée à l'aéroport de Narita, j'ai senti que j'allais vivre ici, sans aucune raison particulière. C'était juste une intuition. » De retour en France, elle stoppe net sa carrière au sein d'une chaîne de télévision pour se reconvertir comme journaliste. Malgré son peu d'expérience, elle se rend directement auprès des rédacteurs en chef de journaux comme Le Point ou bien Le Monde. Appréciée pour son ardeur, elle réussit à dégoter un emploi au Japon. Ainsi, seulement deux ans après son retour en France, elle pouvait partir réaliser son rêve au Japon. Un jour, lors d'une conférence de presse, elle rencontre par hasard le directeur de l'AFP. En écoutant son histoire, il lui propose de venir travailler pour lui, un de ses journalistes devant rentrer en France. Travailler au sein d'un magazine et d'une agence de presse étant complètement différent, elle hésite au début, mais finit par signer en 2004. Actuellement, elle fait figure d'experte indispensable dans les NTIC et l'économie japonaise.
Tout semble être simple pour elle, mais ce fut au prix de nombreux efforts. Tout d'abord, elle a commencé par lire régulièrement des journaux économiques japonais pour se familiariser avec la langue. Ensuite, elle choisissait deux articles qui l'intéressaient, puis les apprenait entièrement par coeur. De plus, elle consacrait généralement son dimanche à l'étude de l'histoire et de la culture japonaise. Et lorsque quelque chose l'interpellait, il arrivait même qu'elle aille recueillir l'information elle-même, et ce en plus de son travail. (Le 18 septembre, son livre « Les Japonais » sortira aux éditions Tallandier)
Nous lui avons demandé le secret de son séjour au Japon, et elle nous a répondu : « il y a 3 choses fondamentales. Tout d'abord, il faut posséder une spécialité. Ensuite, il faut connaître la langue japonaise. Enfin, il faut respecter les us et coutumes locaux. Et cela vaut surtout pour les Français. Respectez les feux. Ne klaxonnez pas. Faites la queue devant le magasin. Sinon ça n'ira pas (rires) ».
François Luckel
Profession: Docteur ès sciences de Nihon l’Oreal
Région d'origine: Strasbourg
Présence au Japon: 8 ans
François Luckel travaille au sein du centre
recherche et développement d'un grand groupe
français expert dans les cosmétiques. En passant
son doctorat, il a pris contact avec des
entreprises japonaises et des professeurs d'université,
et a ainsi permis la réalisation de
plusieurs partenariats. Il fait figure d'exception
pour avoir été recruté directement par une
entreprise japonaise.
Il y a 8 ans, il se rend pour la première fois au Japon à l'occasion de son vingtième anniversaire. Alors que la majorité de ses amis partent pour les Etats-Unis, il opte pour le Japon. Jusqu'alors, il ne connaissait rien à propos de ce pays, mais c'est justement ce qui excita sa curiosité. Il passe une année à l'Université de Kyoto, puis revient au Japon en tant que boursier du Ministère japonais de l'Education, de la Culture, du Sport, de la Science et de la Technologie. Il obtient son doctorat à l'Université de Kyoto, et commence à travailler en 2006 dans son entreprise actuelle.
Deux ans plus tard, il explique que son expérience universitaire lui a été très utile. Ne serait-ce que pour la langue, où il s'est donné du mal pour apprendre à travers la télévision et les livres, et n'a désormais plus aucun problème pour communiquer. D'ailleurs, contrairement à l'humour français qui tourne autour de l'ironie et des jeux de mots, il discute selon l'humour japonais, alternant le rôle de l'idiot (boké) ou de la personne sérieuse (tsukkomi). Ces temps-ci, en rentrant du travail, il invite des collègues au bar à saké du coin. Il fait ouvrir une bouteille mise de côté, et s'anime en parlant politique, sujet qu'il apprécie particulièrement. Il n'y a rien de plus agréable que ce moment selon lui. Pendant ses congés, il voyage, pêche, ou prend des cours de tsugaru shamisen (style de musique japonais joué sur un instrument traditionnel à 3 cordes pincées). Il est plus japonais que les Japonais.
Pourtant, il lui arrive quelques fois d'être déconcerté par certains aspects de la culture japonaise. Par exemple les réunions. Elles sont selon lui beaucoup trop longues. Comme il faut arriver à un parfait consensus, une réunion qui en France durerait dix minutes prend ici deux heures. Cela l'énerve vraiment. Il pense également qu'il y a trop peu de vacances au sein des entreprises japonaises. 10 jours annuels. Il aimerait prendre plusieurs jours pour voyager, mais il sait qu'au Japon c'est un rêve insaisissable. Il les utilise d'ailleurs tous d'un coup lorsqu'il rentre en France pour Noël chaque année. Malgré cela, il se sent plein de reconnaissance pour ce Japon où il a passé de joyeux moments estudiantins, et se démène quotidiennement dans l'immense Tokyo. Voilà une personne talentueuse en qui on peut placé beaucoup d'espoir.
Lyoki Napator
Profession: Musicien, designer, Mannequin
Région d'origine: Lille
Présence au Japon: 20 ans
4 heures de sommeil, musicien, designer,
mannequin pour des magazines connus,
voilà le quotidien sans répit de Lyoki
Napator. Comme en témoignent ses nombreuses
facettes qui ne tiendraient pas dans
un seul cadre, il regorge d'énergie. Tout cela
a pour origine un esprit rebelle qu'il a cultivé
dès son enfance. Preuve en est un de ces
films préférés, « Rocky ».
Lyoki Napator a brillamment réalisé son rêve d'enfant qui était de devenir musicien et designer.
En 1976, il naît d'un père japonais et d'une mère française. Le point de départ est une expérience difficile lorsqu'il était plus jeune. A cette époque, son coeur plein de rage. Son entourage ne voit en lui aucun avenir, mais il se fait la promesse solennelle de leur montrer un jour qui il est. Peu de temps après, il se rend au Japon, où il intègre le lycée franco-japonais. Il commence le judo, et apprend la lecture et l'écriture du japonais à travers le manga Hokuto no Ken (Ken le survivant) emprunté à un ami. Son niveau de conversation en japonais s'améliore. Pourtant, tout n'est pas si paisible. Il exerce des emplois salariés, et même des boulots inavouables. Prenant conscience qu'il ne pouvait continuer ainsi, il s'éloigne peu à peu de cet esprit rebelle, et monte un groupe de rock "SCAPEGOAT" avec des amis. A l'heure de l'apogée du rap, le rock attira l'attention. Comme une réaction en chaîne, on lui offre l'opportunité de devenir mannequin, et il commence aussi sa propre marque d' accessoires et vêtements "NAPATOR". Ainsi, il devient d'un coup un personnage connu de tous les 20-39 ans.
En 2004, il forme le groupe "TRIOL" .http://ameblo.jp/triol
En 2007, il crée la marque . . Désormais, c'est un jeune chef d'entreprise. Nous lui avons demandé le secret de sa réussite. Il nous a répondu : « Le point de départ fût mon désir de vengeance. Mais pour moi, le travail est un amusement. C'est parce que ça m'amuse que je continue. Et je m'y donne à 100% tout le temps».
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