Pas aussi simple qu’un chocolat ?
La Saint-Valentin à la japonaise
La Saint-Valentin trouve son origine en Europe, mais cette tradition a réussi à s’ancrer fermement dans les moeurs japonaises. Malgré l’influence bouddhiste, le principe de ce jour reste le même, à savoir vérifier l’amour du couple ou de la famille. Le Japon se distingue cependant par une particularité, car le jour de la Saint-Valentin, les filles déclarent leur flamme aux garçons en leur offrant des chocolats.
Kazushi Takeuchi (PRESSPARIS.com)
Différentes étapes pour déclarer son amour
Dès février, les villes japonaises se teintent aux couleurs de la Saint-Valentin. Dans les grands magasins, on installe des estrades où l’on présente les meilleurs chocolats de la planète. Plus on s’approche de la date fatidique, et plus les jeunes filles s’affairent à acheter des chocolats dans une folie qui n’a rien à envier aux soldes parisiennes, car cet éphémère présent contient tout leur amour.
Mais au fait, d’où vient cette tradition ?
Au Japon, la première Saint-Valentin eut lieu en 1936. Ce serait la pâtisserie Morozoff à Kobe, qui aurait pour la première fois lancé une publicité de chocolats pour la Saint-Valentin. En 1958, le magasin Isetan à Shinjuku (Tokyo) instaure une campagne de solde de la Saint- Valentin. Puis, en 1960, l’entreprise de confection de gâteaux Morinaga lance à son tour une campagne dans le journal. L’ensemble de ces actions aurait participé à ancrer cette coutume dans la culture du pays. Actuellement, environ la moitié de la consommation annuelle de chocolat a lieu le 14 février.
Cependant, cette coutume populaire connaît des évolutions. Autrefois, le jour de la Saint-Valentin permettait aux jeunes filles de déclarer leur amour, mais cette connotation est de moins en moins présente de nos jours. Désormais, il s’agit simplement pour les filles d’offrir des chocolats à un garçon, qu’il soit ami, collègue ou parent, sachant qu’il peut même arriver que l’on s’en offre à soi.
Derrière cela se trouvent différents changements qui perturbent la déclaration d’amour.
Il s’agit tout d’abord de la généralisation des téléphones portables. Auparavant, ce jour était important car il constituait une bonne occasion pour les filles d’approcher les garçons. Avec les portables, elles peuvent désormais déclarer leur flamme quand bon leur semble.
Autre fait remarquable récent, le « décalage amoureux » (Ai no miss match). En effet, il apparaît qu’un certain nombre de femmes n’auraient aucun homme à qui elles aimeraient se déclarer (se marier). L’ouvrage « Konkatsu » (vie maritale) a d’ailleurs pris pour sujet le thème du retard des mariages au Japon, en expliquant que ce phénomène de décalage touchait les personnes ayant atteint l’âge idéal pour se marier.
La plus grande cause est le gouffre économique né du marché libre. En effet, il y a un décalage entre la majorité des femmes souhaitant un mari gagnant plus de 6 000 000 de yen par an (environ 39 000€), et la réalité de la majorité des hommes idéalement âgés qui en gagne moins de 4 000 000 (environ 26 000€). De plus, les exigences sur l’apparence ne font qu’augmenter. Jusqu’en 1980, il était difficile de trouver quelqu’un en dehors de son lieu de travail. Ayant peu de choix, l’apparence avait peu d’importance, du moment que l’on avait un petit ami. Désormais, tout est différent. Grâce aux médias et à internet, il est possible de rencontrer de très nombreux hommes, ce qui a provoqué une augmentation des exigences.
Enfin, on remarque également que de plus en plus de jeunes femmes entre 20 et 30 ans perçoivent un sentiment d’inquiétude face à ce phénomène de retard du mariage. En effet, elles ont observé les générations précédentes qui n’ont connu que le début de ce phénomène, et face à cette mauvaise conjoncture actuelle, leur forte volonté de stabilité fait qu’elles sont prêtes à de nombreux sacrifices pour se marier rapidement.
Observons donc avec attention si 2009 constituera le retour de la tradition du jour de la Saint-Valentin.
Questions à des femmes de la vingtaine
À qui offrez-vous des chocolats à la Saint-Valentin
| Ami/Connaissance |
25% |
| Père |
37% |
| Mari |
34% |
| Petit ami |
30% |
| Soi-même |
21% |
| Frère |
13% |
| Fils |
9% |
| Relations de travail |
4% |
| Personnes avec qui on aimerait sortir |
5% |
Réponses multiples/Réponses valides n=100 Source/Recherche Rakuten, 2008
Voilà toutes les sortes de
chocolats que l’on peut offrir !
| (Femme à Homme) |
| Honmei choco |
Pour l’élu de son coeur, son petit ami, son mari |
| Giri choco |
Pour son supérieur ou ses collègues, un ami, toute personne avec laquelle il n’y a pas de relation amoureuse |
| Tomo choco |
Pour une autre femme |
| My choco |
En augmentation constante? Chocolat que l’on s’offre à soi-même pour se récompenser |
| (Homme à Femme) |
| Gyaku choco |
Chocolat que les hommes offrent aux femmes |
White day •••• Coutume née au Japon, il s’agit pour les hommes, le 14 mars, d’offrir à leur tour bonbons, marshmallows et autres chocolats blancs pour remercier les femmes qui leur ont offert des chocolats pour la Saint-Valentin. Autrefois, certaines femmes réclamaient 3 fois plus de présents que donnés le jour de la Saint-Valentin, mais cela n’existe quasiment plus.
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