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Les collections parisiennes dépassées!?
Voici l'avant-garde de la mode japonaise
Depuis les années 50 jusqu'à récemment, le Japon se contentait de reprendre la mode occidentale, et les femmes s'inspiraient des tendances des pays développés. Cependant, cette époque est révolue. Désormais, elles choisissent ce qui leur va, ce qu'elles trouvent mignon, et cette situation dissimule une force qui va renverser les tendances occidentales. Le nouveau mot d'ordre est « 100% japonais ». (Photo par “Koakuma Ageha”, texte par Kazushi Takeuchi - PRESS PARIS, Traduit par Thibault.C)
Sakurina, modèle chez Koakuma Ageha. Selon le responsable éditorial, « elle possède actuellement la plus grosse coiffure du Japon ».

La mode originale japonaise diffusée par les « papillons de nuit ».
Je préfère vous prévenir de suite, aucune femme ne porte de kimono au Japon, à part à l'occasion de jours particuliers comme la cérémonie de la majorité, de fin d'étude, ou de mariage. Après la lecture de cet article, ne soyez donc pas choqué, je ne pourrai me porter garant.
Trêve de plaisanterie, il y a au Japon un magazine de mode qui bat tous les records de vente, il s'agit de « Koakuma Ageha » (ou « Petit démon Ageha »). Il s'inspire d'un concept original présentant des vêtements, coiffures et maquillages très voyants qui attirent les jeunes femmes. Rien à voir avec les tendances occidentales, il s'agit d'un style 100% japonais.
Tout d'abord, pour parler de la mode des Japonaises, il faut comprendre qu'au Japon, ce ne sont pas les designers et les marques qui inspirent les tendances vestimentaires, mais bien les magazines. En fonction de l'âge, de la profession, du revenu, des goûts, il en existe actuellement plus de 100 sortes.
Parmi ces magazines, Koakuma Ageha se distingue depuis environ 2 ans par son extrême popularité. Avec plus de 350 000 exemplaires publiés par mois, on peut facilement imaginer la variété du contenu.
Le secret de son succès réside dans l'originalité de sa ligne éditoriale. Pour ses lecteurs, elle est unique. Elle vise principalement les « papillons de nuit », autrement dit les femmes travaillant dans le monde de la nuit, avec comme cible privilégiée les « Kyabakura-jo »*. Par conséquent, ce qui est présenté leur est majoritairement destiné. Que ce soit les vêtements, les coiffures ou les maquillages, tout est très voyant et brillant, afin de donner un look sexy pour le plus grand plaisir de ces messieurs. Les mannequins ne sont d'ailleurs pas des professionnelles, mais bien des kyabakura-jo. Outre l'apparat, le magazine regorge également d'informations plus personnelles (travail, foyer, amour...). L'intérêt provoqué par l'originalité de ce magazine fait que désormais la moitié des lectrices est constituée de femmes de tous les jours.
Il s'agit de la couverture du magazine. Le titre brillant comme des diamants est une marque déposée. « Ageha » est un jargon du milieu de la nuit désignant les femmes y travaillant. « Koakuma » est le plus grand compliment pour une femme, car il signifie en gros charmant, glamour. 
Nous avons demandé à madame Nakajô, responsable éditoriale, les raisons de ce succès.
« Le principal attrait réside certainement dans notre vision très simple. Dans la majorité des magazines de mode, les conseils sont donnés par des stylistes ou des maquilleurs professionnels. Nous nous situons à l'opposé, car nos sources d'informations et modèles sont les kyabakura-jo elles-mêmes. Les émettrices et réceptrices de l'information sont donc très proches, et notre particularité est de proposer des choses qu'elles veulent réellement connaître. De plus, il n'y avait jusqu'alors aucun magazine spécialisé dans la mode des femmes de la nuit. Nous sommes dans une situation où il y a beaucoup de demandes, mais peu d'offres, et le succès de notre réussite vient peut-être du fait d'avoir pu saisir cette opportunité».
Pourtant, en abordant le thème des femmes de la nuit, le magazine reçoit souvent les critiques des médias, et beaucoup pense qu'il exerce une mauvaise influence sur la jeunesse. Face à ce constat, madame Nakajô répond que « notre objectif, en nous inspirant du monde de la nuit, est de permettre aux jeunes femmes le souhaitant d'améliorer leur apparence. Je pense que ce type d'information intéresse n'importe quelle jeune femme, non ? ». Effectivement, il y a de nombreuses photos détaillant précisément les étapes de coiffure ou de maquillage, ainsi que des articles permettant de repenser sa manière de vivre en tant que femme. Une lectrice assidue, ancienne kyabakura-jo, explique que « ce magazine permet d'avoir plus d'assurance, sans honte, alors que normalement on ne se vente pas trop de ce genre de travail ».
En mettant de côté ce que pourraient penser les Français de cette tendance purement japonaise, nous pouvons dire que la mode est réellement en train de naître actuellement. On choisit désormais ce qui nous va, ce qu'on a envie de porter. Le Japon aurait-il enfin atteint une ère normale ?
* Qu'est-ce qu'une kyabakura-jo
Kyabakura est la contraction de « cabaret » et « night club ». Les kyabakura-jo sont les hôtesses qui s'occupent des clients masculins. Leur particularité réside dans leur apparence très voyante, particulièrement appréciée de la gente masculine. Il s'agit des bunny girl à la japonaise. Ce concept n'existant pas en France, il reste difficile à expliquer.
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