Personne ne connait la 2ème musique la plus vendue au monde ?
Situation actuelle de la Jpop
A quoi pensez-vous si l'on vous parle de musique japonaise? Peut-être à des chansons de dessins animés, des groupes de visual kei ou de gothiques lolitas ? Et bien pourtant, ce n'est pas ce qui est le plus à la mode au Japon (c'est comme la majorité des jeunes japonais qui connaissent Sylvie Vartan, Jane Birkin, Michel Polnareff ou bien encore France Gall comme référence…). Dans ce cas à quoi ressemble la musique japonaise actuelle ?
Kazushi Takeuchi (PRESSPARIS.com), Traduit en français par Thibault.C
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| 1. |
Shônan no kaze
“Shônan no kaze ~ JOKER ~” |
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JUJU
“What's Love ?” |
| 3. |
Remioromen
“Remiobest” |
| 4. |
DREAMS COME TRUE
“DO YOU DREAMS COME TRUE” |
| 5. |
FUNKY MONKEY BABYS
“FUNKY MONKEY BABYS 3” |
| 6. |
Hamazaki Ayumi
“NEXT LEVEL” |
| 7. |
Ikimonogagari
“My song Your song” |
| 8. |
RADWIMPS
“Arutokoronî no teiri” |
| 9. |
BoA
“BEST&USA” |
| 10. |
Omnibus JUDY AND MARY
“15th Anniversary Tribute Album” |
Source / TSUTAYA ONLINE
(Classement des meilleurs locations
d'albums au 10 mai 2009) |
Au Japon, on appelle Jpop les chansons à la mode. Ce mot fabriqué de toute pièce apparaît pour la première fois en 1988. Le concept est simple, une musique japonaise originale capable de concurrencer les productions occidentales. L'année 1988 se démarque par une conjoncture économique exceptionnelle où le PNB (Produit National Brut) japonais va dépasser celui des États-Unis. Après cette domination mondiale sur le plan économique, le Japon a voulu passer « d'une richesse matérielle à une richesse spirituelle », et c'est la musique qui en fut le moyen. Depuis, l'industrie musicale du pays n'a cessé de croître en se plaçant désormais à la seconde place des ventes mondiales derrière les États-Unis.
Pour connaître la situation en 2009, nous avons interrogé Tsutaya, une grande chaîne de magasins de disques au Japon. Selon le responsable de la Jpop, les 2 artistes suivants se distinguent particulièrement à l'heure actuelle. Tout d'abord, le groupe de hip-hop « Shônan no kaze », passé d'un coup du stade d'indie à celui de star. Leur point fort réside dans les paroles. Contrairement aux paroles alambiquées des spots publicitaires, leur émotion sincère touche directement le public. De plus, leur collaboration sur le film de voyous « Drop » leur a donné un sérieux coup de pouce. Depuis quelques temps déjà, les dramas et films de voyous connaissent un véritable boom au Japon. Il est certain que l'opposition entre l'image sauvage des voyous et celle du groupe leur a été d'un vent favorable.
Notons également Juju, une vocaliste de jazz qui connaît un succès grandissant, notamment grâce à un de ses titres, thème principal du film « Yomei Ikkagestu no Hanayome » (April Bride). Son album « What's Love », sorti en mars dernier, a d'ailleurs été un hit alors que personne ne s'y attendait. En se focalisant sur le thème de « l'amour », elle a réussi à obtenir le soutien des fans féminines.
On dit qu'il faut 3 conditions pour faire un hit en Jpop. Tout d'abord, il faut « avoir un physique ». A l'heure de la télévision, la seule prouesse vocale ne suffit plus. Il faut à la fois maîtriser « danse », « look de mannequin », et « sens de la mode ». La figure emblématique est Hamazaki Ayumi. D'abord mannequin, puis actrice, elle débute comme chanteuse en 1998. Depuis, elle peut être fière d'avoir un énorme succès auprès des lycéennes et des gyaru de 10-20 ans. Style vestimentaire, capillaire, maquillage, ongles, on ne compte plus le nombre de jeunes filles qui tentent de l'imiter. A part elle, il existe bien d'autres artistes qui remplissent ces conditions du succès. Parmi ces représentants, l'ancien groupe de visual kei « X-Japan », les chanteurs-danseurs « Exile », ou bien encore les jeunes éphèbes de la société de production « Jonnhy's ».
Ensuite, il faut un « brin d'international ». En effet, la Jpop doit être une « musique transfrontalière ». Pour les Japonais, international étant synonyme d'anglais, les Japonaises de retour au pays et les métisses connaissent un grand succès. Le meilleur exemple est sans aucun doute Utada Hikaru. Sa marque de fabrique est « Née à New York ». Fille d'une chanteuse qui lui a transmis son talent vocal, s'exprimant dans un anglais courant, elle a réussi à toucher le coeur des jeunes. En 2004, renommée « Utada » pour l'occasion, elle fait ses débuts aux États-Unis avec son album « Exodus », mais toujours sans succès à l'heure actuelle. Parmi les autres figures « internationales », nous retrouvons Juju, qui réside à New York, et les métisses « Aoyama Teruma » et « Kimura Kaera ».
La dernière condition est la « collaboration dans un drama, une publicité ou bien un film ». La diffusion d'un titre dans un média contribue à un très grand effet publicitaire pour l'artiste. De nos jours, il est d'ailleurs normal d'écrire une chanson pour un drama, une publicité ou bien un film. Cependant, lorsqu'il dépasse la période de diffusion, ce tube d'un instant cesse de se vendre, tel un phénomène d'épuisement musical.
Dans cette lutte acharnée où il est tout aussi facile de grimper que de chuter, les chanteurs connus qui ne remplissent pas ces 3 conditions mais réalisent des succès durables sont les véritables talents. On trouve notamment « Kuwata Keisuke », « Oda Kazumasa », « Nakajima Miyuki », ou bien encore « Dreams Come True ». Ils utilisent astucieusement les principes du marché, en réalisant des hits grâce à des titres de grande qualité. Ils vendent par exemple des « compilations », genre regroupant des tubes, et qui reflètent bien l'état d'esprit actuel des consommateurs dans cette époque de crise.
Aujourd'hui, la Jpop fait face à un problème de taille, son peu de succès à l'international. Alors qu'elle se situe à la seconde place mondiale, 99% des ventes sont réalisées au Japon, soit seulement 1% à l'étranger. De cette hégémonie apparente, le temps est venu d'aspirer à une véritable internationalisation, et la Jpop dispose d'un atout non négligeable, les mangas. A travers les thèmes des dessins animés, les yeux du monde se tournent un peu vers la Jpop. Son futur dépendra de sa capacité à saisir cette chance ou non.
Recommandé aux français !
Dans les magasins Tsutaya, vous trouverez en vente des cd des groupes de visual kei « the GazettE » ou bien « Alice Nine » accompagnés de cadeaux originaux. C'est particulièrement conseillé comme souvenirs. Notons également à la vente la reprise par ADEYTO, une française, de nombreux titres de Jpop. Vous pourrez ainsi profiter des hits japonais des années 80 en français.
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